Dans cet entretien pour Radio GAGA 42, riche avec Cindy Le Falher, elle partage le récit structurant de ses traversées à la nage de la Manche, abordant l’origine du projet, l’intensité de la préparation, les apprentissages issus de l’échec et l’importance de l’accompagnement humain et psychologique. L’entretien dévoile aussi l’engagement de Cindy en faveur du handicap à travers des initiatives d’inclusion sociale et interroge la résonance universelle de sa démarche, reliant les enjeux du sport extrême au dépassement de soi et à la construction collective. Enfin, la discussion s’ouvre sur la portée de ses conférences et ses nouveaux défis sportifs, mettant en valeur le parcours d’une femme à la détermination inspirante, où l’extraordinaire agit comme miroir du possible pour chacun.
Genèse du Défi et Expérience de la Première Traversée
L’entretien débute par la genèse du projet, marquée d’abord par une blague lancée le 1er avril 2020, en plein confinement : Cindy annonce sur le ton de la provocation vouloir traverser la Manche à la nage en tractant un jeune en situation de handicap. À sa propre surprise, l’idée prend racine grâce à l’encouragement d’un ami déjà “channel swimmer”. Il lui trouve rapidement un bateau, et la blague devient un véritable défi, débouchant sur une première tentative avortée en 2022 après 6h26 de nage. Cindy revient sur la philosophie de la traversée : il ne s’agit pas de chrono mais avant tout d’atteindre l’autre rive, malgré les éléments naturels notamment les forts coefficients de marée qui rendent la progression non linéaire, obligeant parfois à nager en zigzag et rallongeant significativement la distance et la durée. La rigueur réglementaire de l’épreuve est aussi présentée : deux associations anglaises encadrent la traversée, assurant la présence d’un juge sur le bateau, du départ de Douvres à l’arrivée sur la côte française. Cindy explique la difficulté d’atteindre le Cap Gris-Nez, objectif réputé qui lui a toujours résisté à cause des courants, la poussant à modifier sa trajectoire pour enfin atteindre la plage.
Préparation Physique et Mentale, Équipe et Débrief de l’Échec de 2022
Dans cette section, l’accent est mis sur la dualité entre préparation physique et mentale : Cindy s’est investie neuf mois dans une préparation intensive, cumulant 800 kilomètres de natation et un travail de préparation générale, le tout encadré par son entraîneur Nino Fraguela. Elle insiste cependant sur la prépondérance de la dimension mentale, estimant à 80 % la part du mental dans ce type de défi. Cindy évoque le “cimetière des nageurs”, à 2 km du rivage français, où le courant bloque nombre de participants, nécessitant lucidité, connaissance du site et détermination pour ne pas abandonner. Concernant l’encadrement, elle détaille l’apport de son équipe : préparateur physique, préparateur mental (méthode Nerti pour vaincre ses phobies, notamment des méduses), proches, anciens traversants et amis réunissant expérience et soutien moral. Elle revient également sur l’échec de 2022, qu’elle attribue à la présence d’une personne toxique dans l’équipe, laquelle a généré des tensions et motivé le retrait de membres clefs, la privant d’un encadrement propice et d’un mental adapté pour réussir la traversée.
Méthodes, Réussite 2025, Analyse et Portée Universelle du Dépassement
La discussion se tourne vers les ajustements ayant permis la réussite de la traversée en 2025 : après avoir tiré les leçons de 2022 et reconstruit une équipe bienveillante et soudée, Cindy s’est outillée mentalement pour résister aux doutes, refusant toute pensée de renoncement. Elle décrit la rigueur technique imposée : le respect de la trajectoire du bateau, le ravitaillement sans contact, l’acclimatation à la nage de nuit, et la gestion en continu des éléments. Le récit de son arrivée contraste avec l’imagerie du superhéros exténué : ni douleurs insurmontables, ni traumas physiques, à l’exception d’un œil tuméfié par l’eau de mer infiltrée dans les lunettes. Sur le plan émotionnel, elle explique avoir vécu le moment de façon presque décalée, la préparation mentale la rendant sereine, avant de réaliser a posteriori l’ampleur de l’exploit. Cindy insiste sur un message central : elle n’était pas prédestinée, ni surhumaine, mais une ex-sprinteuse qui a construit cette réussite par l’entraînement, la rigueur et l’investissement. Pour elle, ce type de projet, aussi exceptionnel qu’il semble, est accessible à tout individu honnête avec ses motivations et prêt à s’engager pleinement, la Manche devenant allégorie du projet et du dépassement : c’est avant tout l’investissement et la méthode qui font la réussite, pas le résultat apparent.
Engagement pour le Handicap et Rôle de l’Inclusion Sociale
Cindy détaille ensuite la genèse de son engagement autour du handicap. Depuis 20 ans, elle œuvre à l’adaptation des pratiques sportives et à la sortie de l’isolement pour les personnes en situation de handicap, d’abord par le biais de l’association “En Vol”, puis au sein de la structure “En Vie de Sens”. L’objectif est d’utiliser le sport et notamment des “inclusive cups” comme levier de rencontre entre salariés d’entreprise et personnes accompagnées, jeunes ou âgées, vivant en collectivité ou en EHPAD, afin de battre en brèche la mort relationnelle et sociale. Cindy met l’accent sur l’importance de ne pas cantonner l’initiative à un « one shot », mais de créer des liens pérennes : suite à ces rencontres, certains collaborateurs reprennent eux-mêmes contact pour inviter les participants à d’autres événements sportifs, révélant que la frontière entre monde valide et monde du handicap s’atténue. Elle insiste sur la capacité du sport à lever la barrière de la différence et sur les impacts positifs pour tous : augmentation de la marque employeur pour l’entreprise, rupture de l’isolement pour les personnes concernées, et valorisation d’un vivre ensemble réellement inclusif.
Conférences et Nouveaux Défis : Transmission et Projections
En fin d’entretien, Cindy présente sa démarche auprès du public et du monde de l’entreprise : ses conférences, fortement nourries de ses expériences de la traversée de la Manche, visent à démontrer la transférabilité des mécanismes d’engagement et de réussite, que ce soit dans un projet professionnel, personnel ou sportif. Elle invite chacun à interroger ses propres rêves, à les écouter et à agir pour les réaliser, considérant la traversée comme une métaphore de la vie et non une finalité. Pour conclure, Cindy expose ses futurs projets : une nouvelle traversée à la nage du détroit de Gibraltar en septembre, toujours sans combinaison, ainsi qu’une préparation sur un parcours côtier dans le Gard fin mai. Elle rappelle qu’il ne s’agit plus seulement de performance, mais de persistance dans le dépassement et dans l’ouverture aux autres, dans une logique d’enrichissement collectif et personnel.
Un grand MERCI au Lions club de Saint-Etienne et M. Capron
l’intégralité de cet entretien est a retrouver ICI
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