Séverine Reynaud, conseillère départementale et désormais candidate à la mairie de Rive de Gier était l’invitée de Radio GAGA 42. Engagée dans la défense du numérique et de l’inclusion, elle aborde son parcours personnel, sa vision du rôle du département, les enjeux budgétaires, puis expose sa motivation à briguer la mairie de Rive de Gier. Elle développe des axes concrets en matière de sécurité, de revitalisation du commerce et de projets structurants, avec une attention particulière portée à la jeunesse et à la vie culturelle locale. À chaque étape, elle explique les mécanismes institutionnels et économiques qui conditionnent l’action publique, tout en appelant à plus de pragmatisme et de rassemblement citoyen.
Parcours personnel, origines et mobilité professionnelle
Séverine Reynaud commence cet entretien avec un rappel de ses racines dans les quartiers nord de Marseille. Son accent du Sud, qu’elle affirme avoir en partie perdue selon sa famille, marque néanmoins son identité. Elle retrace son parcours de vie, évoquant une carrière construite autour des nouvelles technologies, d’abord dans la biométrie où elle occupe un poste de directrice régionale à Valence (Espagne), spécialisée dans la vente de lecteurs d’empreintes numériques pour les entreprises en B2B. C’est pour des raisons familiales qu’elle a du déménager, notamment en raison de la prise en charge du handicap de sa fille Zoé, un sujet mal indiqué par le système espagnol, la poussant à revenir en France. Son arrivée à Rive de Gier s’explique également par sa rencontre avec un habitant de la région et par l’opportunité professionnelle de diriger la sécurité informatique en Auvergne-Rhône-Alpes. De son histoire ressort une double mobilité – professionnelle et familiale – ancrée dans un souci de proximité avec les besoins spécifiques de sa famille.
Déclencheur de l’engagement politique et entrée dans l’action publique
L’engagement politique de Séverine prend sa source dans son expérience personnelle liée au handicap de sa fille Zoé. Constatant les incohérences entre les décisions prises à Paris et leurs conséquences locales, elle s’investit d’abord comme parent délégué, puis se voit sollicitée en raison de ses compétences professionnelles et de son implication. Elle insiste sur l’absence d’étiquette partisane tout en revendiquant une légitimité d’action construite sur la réalité du terrain, marquant sa différence avec des parcours purement militants ou idéologisés. Séverine Reynaud développe que c’est le « hasard », c’est-à-dire sa trajectoire personnelle et les défis concrets rencontrés au sein du système éducatif, qui l’a conduite à s’engager au service public via des mandats électifs.
Le rôle de vice-présidente au numérique : missions, réalisations et ambitions
Elle détaille ensuite sa fonction de vice-présidente chargée du numérique et des systèmes d’information au conseil départemental de la Loire depuis 2021, une délégation obtenue grâce à son expertise dans le secteur technologique. Elle précise que le département dispose d’un schéma directeur territorial d’aménagement du numérique (SDAN) depuis 2005, pionnier en matière de fibre professionnelle via le réseau Loire Connect, distinguant fibre dédiée pour les entreprises et fibre mutualisée pour les particuliers. Elle décrit les trois axes du numérique départemental : infrastructures (fibre, 4G, 5G), services à la population, et médiation numérique, insistant sur le besoin d’accompagnement pour lutter contre la fracture numérique. Elle souligne l’importance de préparer les jeunes, notamment les collégiens, à un monde qui se numérise rapidement, en particulier avec l’essor de l’intelligence artificielle générative, afin qu’ils sachent utiliser les outils numériques de façon éclairée.
Tensions budgétaires, réformes d’État et enjeux des solidarités humaines
Interrogée sur l’impact des difficultés budgétaires du département, Mme Reynaud explique que la crise est structurelle depuis la réforme de 2015 (loi NRE de François Hollande), qui a supprimé la compétence fiscale générale des départements, ne laissant comme recettes réelles que les droits de mutation sur les transactions immobilières, désormais portés à 5 %. Or, face à une augmentation obligatoire des dépenses de solidarité humaine (par exemple, +20 millions d’euros attendus en 2026), l’équilibre devient impossible sans nouveaux moyens de la part de l’État. Elle précise le rôle social du département : logement, accompagnement du handicap et du vieillissement (APA), gestion de l’aménagement territorial, fédération des EPCI et accompagnement de toutes les collectivités locales. Renault insiste sur la capacité du département à animer et fédérer localement, remarquable que seul un « fléchage » plus rationnel des fonds et moins de clientélisme à l’échelle nationale permettra de conserver un service public performant, au-delà de la gestion des seuls problèmes financiers.
Motivation pour la mairie de Rive de Gier, diagnostic et vision
Séverine Reynaud justifie son ambition municipale par une volonté de redonner un avenir à la ville, déplorant son statut de « ville dortoir » et la déception des habitants, autrefois fiers de leur riche passé industriel. Elle considère que la ville souffre moins d’un manque d’identification que d’un déficit d’action et de perspective. Elle affirme vouloir mobiliser l’espoir des Ripagériens, qui lui font confiance, et décliner ses axes de travail autour de la sécurité (condition préalable à toute du cadre de vie), du développement économique, du rajeunissement de la population et de l’attachement au territoire. Elle associe le diagnostic local à des solutions spécifiques, dépassant le simple slogan sécuritaire.
Sécurité : analyse de la situation, solutions concrètes et coopération intercommunale
Sur la sécurité, elle est pragmatique : une ville tranquille est une ville où l’on peut pérenniser le commerce, valoriser le centre-ville et installer durablement de nouveaux équipements. Fort de ses échanges avec commerçants et habitants, elle expose ses propositions : doubler les effectifs de police municipale (de 5-9 actuellement à 18 sur 15500 habitants), renforcer la prévention et sanctionner efficacement, tout en utilisant les outils technologiques comme l’IA, mais sans s’y limiter. Elle prône une mutualisation entre communes dans le cadre du syndicat intercommunal SIPG, notamment par des patrouilles de nuit dans les 21 communes adhérentes. Elle attire l’attention sur le fait que la sécurité ne se résume ni à la vidéo-surveillance ni au nombre d’agents, et nécessite avant tout du courage politique et une gestion humaine de terrain.
Redynamisation du commerce local et attractivité territoriale
Séverine Reynaud dépense la stratégie de revitalisation commerciale à travers la création d’un service économique dédié avec un manager de centre-ville et une équipe élargie, établissant cela indispensable dans une ville de 15 000 habitants. Elle mise sur la valorisation numérique des commerces, des manifestations d’animation, le réaménagement des friches commerciales et l’attraction d’investisseurs. Depuis sa déclaration de candidature, elle a été sollicitée par de nombreux porteurs de projets dans l’industrie, le commerce et le logement, soulignant la forte attente d’un « changement de signal » institutionnel pour enclencher de nouveaux investissements. La proximité avec Lyon et la présence de terrains disponibles (exemple de la « friche Duralex ») sont identifiées comme de puissants leviers de développement.
Jeunesse, formation, culture : vers une politique ambitieuse et inclusive
Séverine Reynaud constate que Rive de Gier, ville jeune dans un département vieillissant (40% de la population a moins de 35-36 ans) souffre d’un manque de qualification. Sa réponse passe par le développement de formations courtes et adaptées aux secteurs en tension (numérique, industrie, santé), plutôt que des cursus universitaires très longs, afin d’offrir aux jeunes perspectives réelles et ancrage local. Elle évoque l’attractivité croissante pour les Lyonnais, liée à la qualité de vie et au coût de l’immobilier, et souhaite développer une offre culturelle digne d’une ville moderne, accessible à tous. L’objectif est de fédérer la population jeune et aînés, en refusant les clivages politiques ou sociaux, et de rompre avec une culture municipale « politique » et sectorisée. Elle revient longuement sur la question du théâtre de l’Imprimerie, fermé après 20 ans d’activité, pour dénoncer l’absence de professionnalisme ayant mené à l’échec de la délégation de service public, et exprimer sa volonté de fédérer autour de projets réellement structurants et mobilisateurs pour la population entière.
L’intégralité de cet entretien est à retrouver ICI
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