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Dutreuil de Rhins : un Stéphanois au Tibet

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Pierre Mazet est un auteur stéphanois, il nous raconte dans ses chroniques stéphanoises, les stéphanois et les ligériens du passé.

A Saint-Etienne, la rue Dutreuil de Rhins  relie la rue du Sous Lieutenant Joseph Vergnette à la rue de Montferré, au-dessus de Tardy. L’avantage de ne pas donner de prénom est qu’on peut ainsi honorer toute une famille. La famille Dutreuil de Rhins est originaire de la commune du Coteau. La particule « de Rhins » est probablement liée à l’acquisition d’un domaine occupant la moitié du territoire de la commune et qui est également le nom de la rivière qui traverse la ville. La famille fait ériger un château qui abrite l’actuelle mairie du Coteau.

L’influence des Dutreuil dépasse les limites du Roannais. Ainsi en 1735, Benoit Dutreuil de Rhins  devient maire de Saint-Etienne après en avoir acquis la charge. Un autre Dutreuil de Rhins, Nicolas,  a été le premier maire de Roche-la-Molière en 1792. Il était le petit-fils du précédent. Alors que la famille s’est éparpillée entre Saint-Etienne et Lyon, l’arrière-petit fils de Nicolas voit le jour à Lyon, le 2 janvier 1846. Après ses études secondaires, il se destine à l’Ecole navale. Il est admissible au concours, mais non reçu à la fin des épreuves, il s’oriente vers la marine marchande. Dans les années 1876-1877, alors qu’il a obtenu le grade de capitaine, il effectue un séjour en Indochine, au cours duquel il procède à des relevés détaillés de la province et de la rivière de Huê ainsi que de la baie de Tourane (Da Nang). Il passe ensuite quelques années au dépôt des cartes et plans de la marine, de 1877 à 1880 et publie une remarquable carte de l’Indochine en quatre feuilles au 1/1 000 000e en 1881.

Elle a servi d’instrument pour la conquête de l’Annam et du Tonkin, ainsi que pour les voyages d’Auguste Pavie au Laos. En 1883, Jules Léon Dutreuil de Rhins obtient d’être attaché à la mission Brazza, financée par le ministère de l’Instruction publique, sans doute grâce à des recommandations politiques. Il devient la cheville ouvrière de l’expédition qui va reconnaître la rive droite du Congo. Fin connaisseur de l’Asie, il sait que de nombreuses tâches blanches subsistent sur les cartes d’Asie centrale.

Avec l’appui du ministère de l’instruction publique, Il entreprend une expédition qui doit le conduire du Sin-Kiang au Tibet. Commencée en 1891, elle est principalement centrée sur le Turkestan oriental (actuel Xinjiang) et le Tibet. Il n’aura cependant pas la possibilité de la mener à bien en totalité, puisqu’il est tué lors d’un accrochage avec des Goloks près de la localité de Tom-Boumdo, dans ce qui est aujourd’hui la province du Qinghai, le 5 juin 1894. Les résultats de cette expédition seront publiés en 1897-1898 par son jeune associé, Fernand Grenard, sous le titre Mission scientifique dans la Haute-Asie. Jules Léon Dutreuil de Rhins, géographe précis et de talent, explorateur du Tibet, est mort en « martyr de la géographie ».

Il représente assez bien l’homme de la fin du XIXe siècle : chercheur en bibliothèque, explorateur sur le terrain, disposé à endurer de grandes épreuves et peu soucieux de sa vie pourvu que cela soit utile au progrès de la science et de la connaissance des terres inconnues.

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Pour en savoir plus :

Philippe Valode, Les grands explorateurs français de Jacques Cartier à nos jours, L’Archipel, 2008.

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_2008_num_152_3_92355

Pierre Mazet
Pierre Mazet
Chroniques stéphanoises

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