Lionel Boucher explore les enjeux actuels et futurs de Saint-Étienne à quelques mois des élections municipales de mars 2025, pour le média « Figures Publiques » et Radio GAGA 42. Le propos s’articule autour du rôle central du design pour redéfinir l’identité et l’économie locale, ainsi que sur les dynamiques politiques locales marquées par une large coalition centriste visant à contrer les extrêmes. Ce dialogue dépeint les problématiques concrètes de la ville — la sécurité, la paupérisation, le déclin commercial, et les solutions envisagées — offrant un panorama dense des défis et ambitions qui marquent cette période charnière.
Retour sur la nomination de vice-président et la place du design à Saint-Étienne
Lionel Boucher débute en rappelant sa récente nomination au poste de vice-président de la métropole, sous la présidence officielle de Sylvie Fayolle, actée début 2025. Il se réjouit de retrouver la Cité du design, secteur auquel il a contribué dès la première biennale internationale en 1998, soulignant la longévité et la progression de cette institution. Le design est présenté comme un élément structurant essentiel à la réécriture de l’image de Saint-Étienne, avec une école reconnue comme l’une des meilleures en France. Lionel Boucher insiste sur l’importance de transformer le design en un véritable levier de développement économique, indiquant toutefois que ce travail est encore en cours. Il met à jour la nécessité d’ouvrir davantage la cité sur la population locale, qui s’approprie encore peu ce secteur, notant notamment que moins d’un tiers des étudiants de l’école du design sont originaires de Saint-Étienne. Pour lui, le design doit s’incarner dans des usages concrets — mobilier urbain, équipements visibles au quotidien — afin que les Stéphanois le reconnaissent comme un marqueur identitaire vivant.
La stratégie d’écoute et d’appropriation citoyenne du design avant les élections
Lionel Boucher détaille sa méthode réformatrice consistant d’abord à écouter les acteurs culturels et citoyens pour rassurer sur la place du design dans la métropole et renforcer sa visibilité locale. Contrairement à son prédécesseur perçu comme élitiste, il se revendique praticien et vulgarisateur qui souhaite simplifier le discours et faire entrer le design dans le quotidien des habitants. Il évoque également le rôle et le poids symbolique des biennales régulières pour assurer la reconnaissance de Saint-Étienne au niveau national et international, tout en regrettant que cette notoriété ne se traduise pas suffisamment dans l’appropriation locale. Cette phase prépare une transition vers un engagement politique plus large, lié aux échéances électorales, où le design conservera une place prépondérante dans le débat.
Constitution d’une large coalition politique centriste pour les municipales et préoccupations sécuritaires
Le troisième segment aborde la construction d’une liste unie autour d’un chef de file désigné après consultation des Stéphanois par un organisme de sondage, afin d’empêcher la montée de l’extrême gauche à Saint-Étienne. Lionel Boucher insiste sur le dépassement des clivages politiques traditionnels au profit d’un rassemblement pragmatique centré sur le bien-être des habitants. Il évoque ensuite les problématiques sécuritaires majeures en ville, depuis la paupérisation accrue jusqu’à l’insécurité grandissante, notamment les modifications des comportements des femmes qui évitent certains itinéraires jugés dangereux. Il souligne que cette situation est liée à une précarisation sociale qui nécessite des réponses fermes, dont la création d’une brigade canine d’intervention, initiative portée par Dino Cinieri, pour renforcer la présence et le contrôle sécuritaire dans les zones sensibles. L’importance d’une police municipale visible et en nombre suffisant est également mise en avant, ainsi que la volonté d’accroître la vidéo-protection par intelligence artificielle pour améliorer la réactivité face aux incidents.
Défis commerciaux du centre-ville, stationnement et limites des politiques publiques de gratuité
Lionel Boucher décrit le centre-ville comme un territoire en déclin commercial marqué par des friches et des galeries commerciales abandonnées. Il explique que le manque de clients solvables, lié notamment à la désertification progressives des habitants aux revenus moyens, aggrave la situation. Un des freins principaux identifiés est le coût élevé du stationnement, devenu un obstacle important au retour des consommateurs en centre, avec des tarifs perçus comme dissuasifs et une politique de contraventions sévère, qui éloigne également les visiteurs venus de la périphérie. Par ailleurs, il nuance le débat sur la gratuité des transports en commun, affirmant que si certains bénéficiaires existent, le principe du « payeur utilisateur » doit être maintenu pour préserver les finances municipales, dans un contexte où 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté et une grande part ne paie pas d’impôt. Il insiste sur la nécessité d’une gestion équilibrée des dépenses pour garantir la continuité des services publics.
Lionel Boucher réaffirme que la sécurité sera un marqueur fort de la campagne électorale à venir, face à la volonté de la gauche locale de réduire les moyens policiers, notamment avec le projet de suppression de caméras de surveillance et de désarmement de la police municipale. Il défend au contraire le renforcement des équipements et des effectifs pour garantir la tranquillité publique. Il met en exergue que si la campagne sera intense et confrontée à des enjeux concrets majeurs, son camp s’engage pleinement à répondre aux attentes des Stéphanois en matière de sécurité et de qualité de vie.
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