Christophe Bazile, maire de Montbrison depuis 2014, revient sur ses deux mandats pour Radio GAGA 42, il aborde ses motivations pour continuer, et dresse un panorama complet des défis et réussites de la ville. Il expose la gestion des ambitions locales, le rapport travail-politique, la dynamique commerçante unique du centre-ville, la transformation locale par des grands projets, ainsi que l’importance d’un tissu social engagé et du partenariat intercommunal. Enfin, il décrit sa vision concrète pour répondre aux enjeux de sécurité, d’écologie urbaine et de gouvernance, tout en révélant ses priorités pour un éventuel troisième mandat. À travers les anecdotes et l’analyse stratégique, le portrait d’un mandat engagé se dessine, illustrant comment l’adaptation et l’inventivité constituent la force d’une petite ville attractive en région Auvergne-Rhône-Alpes.
Itinéraire et Motivation : État d’esprit d’un Maire vétérinaire
Christophe Bazile commence par partager son ressenti quant à la longévité de son mandat depuis 2014, n’occultant pas une certaine lassitude, accentuée par la crise du Covid et la difficulté de la période estivale. Cependant, la rentrée de septembre fut marquée par un regain d’enthousiasme, grâce aux nombreuses sollicitations des Montbrisonnais qui l’encouragent à poursuivre son action. Il explique en toute franchise la répartition de son temps, conservant un quart de son activité dans son métier de vétérinaire – une passion familiale transmissible, sa propre fille s’investissant dans le cabinet. Refusant d’accumuler les mandats, il privilégie ses rôles de maire et de président d’agglomération pour mieux se consacrer à la vie locale. Son engagement se conçoit comme un équilibre entre passion professionnelle, ambitions politiques et service public.
Gouvernance renouvelée, ouverture citoyenne et gestion de la sécurité
Avec un taux de chômage de seulement 5 %, Montbrison jouit d’une attractivité économique et sociale. Christophe Bazile insiste sur le renouvellement démocratique de son équipe municipale, composée désormais à 50 % de nouveaux élus, principalement des jeunes, favorisant un regard neuf et une certaine humilité. Il détaille la création de nouveaux conseils de quartier et d’un comité local d’analyse prospective, destinés à intégrer dans la réflexion collective des profils variés, comme l’ancien président d’université Robert Fouquet ou l’ancien maire Philippe Ven. La parité de la liste est aisément assurée grâce à l’implication de l’association Monbrison pour tous (150 membres), véritable vivier d’idées et d’engagement citoyen local. Questionné sur les demandes récurrentes de ses concitoyens, il pointe la préservation du « vivre-ensemble » montbrisonnais, les inquiétudes sécuritaires liées à la montée des incivilités (déchets sur la voie publique, vitesse, bruit), et les mesures prises : renforcement de la police municipale, développement de la vidéoprotection, et programmes de prévention auprès des jeunes. Il évoque également l’accompagnement social et les sanctions ciblant une dizaine de personnes marginalisées en centre-ville, ainsi que le souci partagé d’une ville qui conserve dynamisme et convivialité.
Un marché exemplaire, moteur économique et rayonnement intercommunal
Ce dialogue met en exergue la notoriété croissante du marché de Montbrison, devenue emblématique depuis sa médiatisation sur TF1 (8 millions de vues sur le direct du 13h). Ce rendez-vous rassemble chaque samedi entre 20 000 et 25 000 personnes, constituant un atout économique majeur : le chiffre d’affaires des commerces du centre-ville y dépasse la périphérie, un phénomène rare en France. Le dynamisme du marché entraîne une complémentarité positive entre Montbrison et ses communes rurales : l’essor de l’une irrigue durablement les autres. Chaque acteur économique y trouve sa place, révélant une gouvernance intercommunale fondée sur l’indépendance et la synergie plutôt que sur la concurrence. Peu de locaux commerciaux restent vacants (7 % contre 13-14 % d’habitations, souvent au-dessus des commerces), la municipalité adoptant une stratégie de rénovation urbaine proactive : rachat et agrandissement de ténements, revente ou location adaptée pour garantir l’attractivité. Les grandes enseignes, comme Conforama, manifestent leur intérêt pour Montbrison, permettant d’éviter l’évasion commerciale vers Saint-Étienne. Toutefois, certaines arrivées sont discriminantes afin de préserver l’équilibre économique et commercial de la ville. Le maire évoque avec humour le grand nombre de boulangeries, preuve du dynamisme local, ainsi que la richesse patrimoniale comme atout d’attractivité, même si les visiteurs viennent avant tout pour la qualité de vie et les espaces naturels (forêt, montagne, fourme, eau minérale de Montarcher).
Grands projets, retombées présidentielles et relance événementielle
Christophe Bazile revient sur la visite présidentielle à Montbrison, une opération de visibilité et de capitalisation de réseau qui a permis de faciliter les contacts avec de nombreux cabinets ministériels et organismes nationaux (Banque des territoires, Action Logement) grâce au dispositif « Cœur de ville » et aux expériences locales menées sur le territoire. Il rappelle que cette venue a salué la réhabilitation exemplaire d’une friche industrielle de 1,5 hectare, autrefois occupée par les jouets Gégé, transformée en un complexe multifonctionnel (60 logements, crèche, pôle médical, halle de marché, hébergements adaptés à divers profils sociaux). Le maire met en avant l’intelligence collective qui a présidé à la réussite de ce financement mixte, à la fois privé et public. L’entretien aborde aussi la relance de la foire économique, portée par une équipe professionnelle extérieure et recentrée sur le savoir-faire montbrisonnais, qui contribue à l’animation économique et à la renommée de la ville. À l’approche des élections, il expose les grands projets qui l’animent : inauguration du théâtre des Pénitents (320 places, jauge augmentée), poursuite de la réhabilitation du château de la Chaize (projet hôtelier et gastronomique en difficulté de modèle économique), rénovation de la collégiale Notre-Dame, création d’un parking silo de 200 places et transformation de l’ancien tribunal pour de nouveaux usages.
Vision écologique, coopération intercommunale et gouvernance partagée
Christophe Bazile conclut sur la dimension écologique de son mandat : réhabilitation récente du pré du Puits, gestion du parc des Termes, développement de la nature en ville – un fil rouge entamé dès les premiers mandats, préférant l’action concrète à l’affichage écologique. Son rôle de président à l’agglomération Loire Forez le conduit aussi à préciser la finalité des structures intercommunales : elles sont aujourd’hui indispensables au fonctionnement des communes, l’agglomération jouant un rôle de mutualisation opérationnelle et d’amplification des projets, malgré quelques lourdeurs administratives. Christophe Bazile se dit fier de la progression des agents et des élus, évoquant la cohésion forte qui unit communes et agglomération. Il souligne d’excellentes relations avec le département, la région et l’État local, tout en mettant en garde contre l’instabilité venue du niveau national et les conséquences directes de la crise financière départementale sur le financement des projets locaux. Cette dynamique de coopération est présentée comme clef de la résilience et du développement à venir de Montbrison, face à des défis humains, économiques et environnementaux renouvelés.
L’intégralité de l’entretien est à retrouver ICI



