Joseph Badinand (1800-1863)
Joseph Badinand naît le 5 mars 1800 à Saint-Étienne, dans une famille de cultivateurs. Très tôt, il montre de grandes dispositions pour l’étude et un goût marqué pour l’instruction.
Il commence des études de latin et de théologie au petit séminaire de Verrières. Cependant, peu attiré par la vocation ecclésiastique, il choisit finalement de se tourner vers le métier de l’imprimerie.
Il fait ses débuts chez M. Gonin, à Saint-Étienne, avant de partir à Lyon, où il travaille comme compositeur d’imprimerie. Durant cette période, il épouse la nièce du célèbre curé Préher.
Le couple revient ensuite à Saint-Étienne. Mais le bonheur est de courte durée : sa jeune épouse meurt peu de temps après leur mariage, laissant deux petites filles. Joseph Badinand les confie alors à l’éducation des religieuses de Saint-Maurice-en-Gourgois.
Désireux de s’établir, il tente d’ouvrir un magasin de livres. Cependant, n’ayant guère le tempérament d’un commerçant, cette entreprise se solde par un échec et le laisse presque ruiné. Il est alors contraint de travailler comme « saute-ruisseau » chez un notaire, c’est-à-dire comme modeste clerc chargé de diverses commissions.

Malgré les difficultés matérielles qu’il rencontre à plusieurs reprises au cours de sa vie, Joseph Badinand reste profondément attaché à la culture. Passionné de lecture, il étudie notamment les auteurs classiques du siècle de Louis XIV, dont il admire le style et la rigueur. Cette fréquentation assidue des grands écrivains contribue à former son propre style d’écriture.
Il rassemble ses réflexions morales et philosophiques dans un petit ouvrage qu’il compose et met en page lui-même — fidèle à son métier d’imprimeur — et qu’il intitule Une poignée de réflexions.
Parmi ses pensées, on peut citer :
« L’avarice est une passion timide et soucieuse, où la crainte de perdre corrompt le plaisir de posséder. »
ou encore :
« La belle préparation à la mort que fait celui qui se venge par testament. »
Bien qu’il ait connu plusieurs périodes de pauvreté, Joseph Badinand ne manifeste ni jalousie ni amertume à l’égard des riches. Ses écrits témoignent au contraire d’une réflexion sereine sur la fortune, la morale et la condition humaine.
Il meurt le 4 décembre 1863, presque inconnu de la plupart des habitants de Saint-Étienne, laissant derrière lui le souvenir discret d’un homme cultivé, attaché aux lettres et à la pensée morale.

