Christian Chassagne nous présente les ligériens célèbres, extrait de son dictionnaire des personnalités marquante de la Loire. Voici un nouvel épisode…
Né à Saint-Étienne le 16 avril 1769, Louis Ranchon s’illustre comme l’un de ces officiers issus de la Révolution qui ont traversé les grandes campagnes militaires de la fin du XVIIIᵉ et du début du XIXᵉ siècle.
Contrairement à une idée répandue, il ne débute pas sa carrière comme simple soldat. Le 15 décembre 1791, il s’engage en effet en qualité de lieutenant de grenadiers au sein du 4ᵉ bataillon de Rhône-et-Loire. Très tôt confronté au feu, il se distingue lors de la bataille de Lodi, le 21 floréal an IV (10 mai 1796), où il figure parmi les premiers à s’élancer sur le pont sous le feu ennemi, recevant deux coups de sabre à la tête.
Promu capitaine le 15 nivôse an V (4 janvier 1797), Ranchon participe l’année suivante à l’expédition d’Égypte menée par Napoléon Bonaparte. Lors du siège de siège de Saint-Jean-d’Acre, le 21 floréal an VII (10 mai 1799), il est grièvement blessé d’un coup de feu à la poitrine. Sa bravoure attire l’attention de Bonaparte lui-même, qui vient s’informer de son état et lui témoigne son intérêt.

Ranchon continue de se distinguer sur les champs de bataille. Le 29 ventôse an IX (20 mars 1801), à la bataille de Canope, il pénètre le premier dans le camp britannique, où il est de nouveau blessé, cette fois à la jambe gauche. Cette action lui vaut l’attribution d’un sabre d’honneur le 29 thermidor an IX (17 août 1801), avant d’être fait officier de la Légion d’honneur le 25 prairial an XII (14 juin 1804).
De l’an XIV à 1807, il prend part aux grandes campagnes de la Grande Armée contre l’Autriche, la Prusse et la Pologne, et combat notamment à bataille d’Ulm, bataille d’Austerlitz et bataille d’Iéna. Il poursuit sa carrière durant la campagne de Saxe en 1813, au cours de laquelle il est promu chef de bataillon du 7ᵉ régiment des tirailleurs de la Garde impériale par décret du 16 mai.
Créé chevalier de la Couronne de fer, Ranchon participe encore à la difficile campagne de 1814. Lors du retour de Napoléon depuis l’île d’Elbe, il rejoint l’armée des Cent-Jours, mais est fait prisonnier par les Prussiens le 29 juin 1815, à la suite de la chute de l’Empire.
La Restauration met un terme à sa carrière militaire : il est admis à la retraite le 30 octobre 1816. Il regagne alors sa ville natale, où il s’éteint le 23 mars 1851.
Source : Notices biographiques stéphanoises, M. Descreux, 1868.

