Le Salon des Vins Rebelles & du Terroir se tiendra les 1er et 2 mai 2026 dans la halle du château. Il réunira des vignerons spécialisés dans les cépages hybrides et une dizaine de producteurs locaux, dont un stand proposant des produits médaillés au Concours Général Agricole 2026.

Radio GAGA 42 propose un panorama approfondi de la seconde édition du Salon des Vins Rebelles organisé au château de Bouthéon. À travers les témoignages de vignerons (Didier Mounier du Club Œnologique de Boisset-Saint-Priest, d’organisateurs associatifs et d’élus, elle explore les enjeux de la valorisation du terroir, la mise en avant de cépages interdits ou hybrides, le retour aux racines viticoles locales et la volonté de créer un événement convivial et porteur de sens. L’accent est mis sur le lien entre patrimoine, innovation dans la viticulture, et la transmission d’un art de vivre qui marie authenticité, découverte et respect de l’environnement.
Genèse de la Deuxième Édition du Salon et ancrage au Château de Bouthéon
La vidéo s’ouvre sur la présentation du salon devant le château de Bouthéon. Les intervenants expliquent que cette seconde édition se veut plus aboutie, bénéficiant de l’expérience acquise l’année précédente, et mettant l’accent sur la découverte du parc et la visite des vignes, lesquelles justifient l’ancrage de l’événement sur ce site historique. Des balades en calèche dégustatives sont annoncées, permettant d’explorer tant l’héritage du château que celui du village. La discussion s’oriente vers la production locale du domaine – un vin blanc, au reflet orange et un vin rouge – la préférence d’Olivier Rousseau, Directeur du Château de Bouthéon allant au rouge, bien que le blanc évolue favorablement au vieillissement. Le plaisir et la transmission des racines viticoles constituent dès le début le fil conducteur de la manifestation.
Sens, dynamique associative et valorisation des cépages interdits
La parole est donnée aux acteurs associatifs qui détaillent leur triple rôle : organisation, exposition et transmission patrimoniale. Ils expliquent comment, dans le cadre de l’association VR, ils proposent à leurs membres de découvrir et vinifier, à titre familial, des cépages interdits comme le Chancelor (CBEL 7053), autrefois populaire dans la région. Ils rappellent le contexte historique du minage et la large consommation de vin traditionnel, et comment aujourd’hui ces cépages anciens, cultivés sur des sols choisis et vinifiés avec des techniques modernes, révèlent un nouvel intérêt gustatif et identitaire. Le “vin rebelle” est ainsi défini : un vin qui “sort des sentiers battus”, porté par une volonté de distinction, d’originalité et d’ancrage environnemental. Les nouveaux hybrides, comme le Voltis – désormais autorisé jusqu’à 5 % dans l’appellation Champagne dès 2024 pour réduire le besoin en traitements phytosanitaires –, cohabitent en marge avec ces variétés patrimoniales, apportant des réponses concrètes aux enjeux climatiques actuels.
Accessibilité de l’événement, diversité viticole et innovation par les assemblages
L’entretien clarifie la mission inclusive du salon : loin d’être réservé à une élite de connaisseurs, il ouvre la porte à tous ceux qui souhaitent éveiller leur curiosité et leur palais, sans préjugés sur les variétés proposées. On apprend que parmi les nombreux cépages autorisés sur le territoire français – environ 230, et plusieurs milliers d’hybrides au niveau mondial –, une cinquantaine pourront être dégustés pendant l’événement, soit en vin monocépage, soit en assemblage. Des exemples d’assemblages innovants (Castel et Gamay, ou des combinatoires intégrant le Voltis pour Champagne) sont cités, soulignant la tendance actuelle à conjuguer tradition et innovation dans la viticulture française. Le dialogue revient également sur la nécessité de valoriser la diversité génétique des vignobles pour répondre aux défis agricoles et sanitaires croissants.
Conseils pratiques pour la dégustation et esprit de convivialité
La question de la dégustation “responsable” occupe ce segment : il y est recommandé de limiter le nombre de coupes pour le grand public, de privilégier de petites quantités, et d’accompagner les dégustations avec des produits locaux – fromages, charcuteries – nombreux sur le salon, symboles du patrimoine gastronomique du terroir. L’accent est mis sur l’expérience de rencontre avec les vignerons et la sélection naturelle des goûts, les visiteurs étant invités à suivre leurs coups de cœur plutôt qu’à tout essayer. L’organisation rappelle que l’entrée coûte 5 € et inclut un verre de dégustation adapté pour découvrir les différents “nectars” présentés.
Engagement de la ville, transmission patrimoniale et ambition événementielle
C’est enfin Hélène Fabre adjointe de la mairie d’Andrézieux Bouthéon, qui justifie le soutien municipal au salon par la volonté de mettre en avant le patrimoine historique et viticole du château, dont les archives révèlent une activité viticole ancestrale. Elle détaille le partenariat avec le club organisateur, la mise à disposition du site, et le programme : entre 50 et 120 dégustations, une cinquantaine d’exposants de produits du terroir, des balades en calèche et la volonté de créer une expérience riche en découvertes. L’élue évoque le succès rencontré dès la première édition – avec un prix du vin rouge décerné dès 2021 – et exprime l’espoir d’inscrire le salon dans la durée, à l’image d’autres événements locaux durables, visant à ancrer l’identité “nature, terroir, écologie” au cœur de la manifestation.
Pérennisation de l’événement et ouverture sur le calendrier culturel local
Le chapitre final s’ouvre sur l’ambition de pérenniser le salon des vins rebelles, à l’instar de la fête de la courge, événement trentenaire de la commune. La ville envisage de refaire chaque année ce rendez-vous, porté par la demande croissante du public pour des produits authentiques et par la replantation renouvelée des cépages depuis 2021. Le segment clôt la vidéo sur une ouverture culturelle, mentionnant la prochaine “sortie des gens” du 26 avril et diverses initiatives permettant aux habitants de redécouvrir leur territoire sous un angle différent. L’invitation est lancée à tous, soulignant ainsi la vocation inclusive et fédératrice du salon, qui se distingue par son alliance réussie entre patrimoine, innovation viticole et convivialité.

