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Alexandre Drevet, résistant ligérien et survivant de Dachau

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Aujourd’hui : Alexandre Drevet

Né le 30 avril 1920 à La Ricamarie, Alexandre Drevet grandit dans un milieu ouvrier marqué par les difficultés sociales de l’entre-deux-guerres. Après l’obtention de son certificat d’études, il intègre une école professionnelle afin d’apprendre le métier de mécanicien. Très jeune, il rejoint les Jeunesses communistes, où il forge ses convictions autour de la solidarité, de l’engagement collectif et de la lutte contre la précarité.

Employé aux Cars Rouges de Saint-Étienne, Alexandre Drevet entre rapidement dans la Résistance. Le 12 décembre 1940, après avoir participé à des opérations de collage d’affiches hostiles au régime de Vichy, il est arrêté une première fois. Traduit devant le Conseil de guerre de Clermont-Ferrand, il est condamné à un an de prison, peine qu’il purge à la prison de Mauzac, en Dordogne.

Libéré à la fin de l’année 1941, il revient à Saint-Étienne, où il peine à retrouver un emploi. Malgré la répression grandissante, il participe le 14 juillet 1942 à une importante manifestation anti-collaboration. Durant cette période, il diffuse également des tracts appelant les jeunes Français à refuser le STO (Service du Travail Obligatoire) et à rejoindre les maquis.

En mars 1943, Alexandre Drevet quitte Saint-Étienne avec sept camarades et son père, évadé d’un camp d’internement. Direction les gorges de l’Allier, où il prend le nom de guerre « Alex », tandis que son père adopte celui d’« Antoine ». Le groupe participe à l’organisation de la spectaculaire évasion de la prison du Puy-en-Velay, le 25 avril 1943, permettant la libération de 26 détenus.

72-Alexandre_Drevet_1943 Alexandre Drevet, résistant ligérien et survivant de Dachau

Cette action déclenche une vaste opération franco-allemande contre les maquisards. Alexandre Drevet et son père sont arrêtés une seconde fois le 2 mai 1943 puis emprisonnés au Puy-en-Velay. Tous deux retrouvent la liberté le 2 octobre 1943 grâce à une nouvelle évasion collective impliquant une soixantaine de détenus.

Peu après, alors qu’il revient d’une mission à Saint-Étienne, Alexandre Drevet est grièvement blessé au volant de son véhicule. Soigné clandestinement par un médecin, il reprend néanmoins le combat. Le 1er mai 1944, il est arrêté une troisième fois par la Milice à Saint-Étienne. Soumis à de nombreux interrogatoires particulièrement éprouvants, il est ensuite transféré à la prison Saint-Paul de Lyon, où il retrouve son père, venu de la prison de Thiers.

Le 29 juin 1944, ils sont déportés avec 722 autres prisonniers vers le camp de concentration de Dachau concentration camp. Le convoi atteint le camp le 2 juillet, après plusieurs jours sans nourriture ni boisson. Alexandre Drevet reçoit le matricule 76126, tandis que son père porte le numéro 75712.

Comme des milliers de déportés, ils sont contraints à des journées de travail de douze heures dans des conditions inhumaines et avec des rations alimentaires dérisoires. À partir d’avril 1945, les bombardements américains se multiplient autour du camp. Profitant du chaos, Alexandre Drevet parvient à s’évader avec un petit groupe de prisonniers avant d’être recueilli par les forces alliées.

Rapatrié à Saint-Étienne le 8 mai 1945 dans un état de santé très préoccupant, il est envoyé en convalescence à l’Hôtel des Princes de Saint-Alban-les-Eaux. C’est là qu’il rencontre Renée Grandhomme, qu’il épouse le 9 février 1946.

Après-guerre, Alexandre Drevet poursuit son engagement dans le devoir de mémoire. Il devient membre fondateur du musée de la Résistance et de la Déportation de Romans-sur-Isère et siège au Conseil national de la Résistance à partir du 22 juin 1974.

Son parcours exceptionnel lui vaut de nombreuses distinctions : la Croix du Combattant 1939-1945, la Croix du Combattant volontaire de la Résistance, la Médaille de la Résistance, la Croix de guerre 1939-1945 avec palme, la Médaille militaire ainsi que le titre de chevalier de la Légion d’honneur.

Alexandre Drevet s’éteint le 31 juillet 1991 à Romans-sur-Isère, où il vivait avec son épouse.

Source : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, Le Maitron.

Christian Chassagne
Christian Chassagne
Christian Chassagne explore la genèse, le contenu et la richesse historique avec son ouvrage inédit qui recense 1000 personnalités marquantes du département de la Loire.

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