Dans sa série consacrée aux personnalités qui ont marqué l’histoire de la Loire, Christian Chassagne met en lumière des figures parfois méconnues du patrimoine ligérien. Aujourd’hui Antoine Dumas, le prêtre de Doizieux qui sauva des centaines de personnes pendant la Seconde Guerre mondiale.
Né à Saint-Étienne en 1909, Antoine Dumas a marqué l’histoire de la région par son engagement en faveur des personnes persécutées durant l’Occupation. Curé de Saint-Just, à Doizieux, il a notamment accueilli une trentaine d’enfants juifs et contribué au sauvetage de centaines de personnes menacées par les nazis. Un engagement qui lui vaudra, à titre posthume, la médaille de Juste parmi les Nations.
Né le 15 octobre 1909 à Saint-Étienne, Antoine Dumas est issu d’une famille de pharmaciens. Ordonné prêtre en 1934, il débute son ministère comme vicaire à L’Horme, avant d’être nommé à Terrenoire.
En 1941, il devient curé de Saint-Just, sur la commune de Doizieux, dans la Loire. Il y restera jusqu’à la fin de sa vie, mettant son engagement religieux au service des plus vulnérables, notamment durant les heures sombres de la Seconde Guerre mondiale.
Un engagement courageux pour sauver les persécutés
Pendant l’Occupation, Antoine Dumas vient en aide à de nombreuses personnes poursuivies par les nazis. Grâce à la discrétion et à la solidarité de la population locale, il participe notamment à la protection d’une trentaine d’enfants juifs, menacés par les persécutions antisémites.
Le prêtre héberge personnellement, pendant plusieurs années, Bernard Biderman, âgé de 10 ans, Georges Biderman, 12 ans, Clément Biderman, 8 ans, ainsi qu’Ida Balash, née Gotzel. Les autres enfants sont accueillis dans des familles de fermiers des environs, où ils peuvent trouver refuge loin des dangers.
Au-delà de ces accueils, Antoine Dumas contribue au transfert de 246 personnes proscrites, participant ainsi à leur mise à l’abri. Son action témoigne du courage de celles et ceux qui, au péril de leur propre sécurité, ont choisi de résister à la barbarie nazie en protégeant les personnes persécutées.
Reconnu Juste parmi les Nations à titre posthume
Antoine Dumas meurt le 7 juin 1969 à Doizieux, à l’âge de 59 ans. Son engagement durant la guerre sera reconnu plusieurs années après sa disparition.
Le 5 février 1992, il reçoit à titre posthume la médaille de Juste parmi les Nations, distinction décernée par le mémorial de Yad Vashem aux personnes non juives qui ont risqué leur vie pour sauver des Juifs pendant la Shoah.
Aujourd’hui encore, son parcours rappelle l’importance des actes de solidarité et de résistance face à la persécution. À Doizieux comme dans la région stéphanoise, Antoine Dumas demeure une figure de courage et d’humanité, dont l’action a contribué à sauver de nombreuses vies.
Sources : Comité français pour Yad Vashem et site internet AJPN (Anonymes, Justes et Persécutés durant la période nazie dans les communes de France).



