Christian Chassagne nous présente les ligériens célèbres, extrait de son dictionnaire des personnalités marquante de la Loire.
Marie-Louise Rochebillard naît le 4 juin 1860 à Changy, dans la Loire. Fille d’un notaire, elle voit son destin bouleversé lorsque la ruine de sa famille l’oblige à entrer dans la vie active dès l’âge de seize ans.
Si elle n’éprouve guère d’attrait pour son travail, elle revendique néanmoins avec fierté le fait d’exercer une activité professionnelle, une situation encore peu répandue pour les femmes de son époque.
Marquée par les mouvements sociaux qui agitent le monde ouvrier lyonnais, notamment la grève des ovalistes — les ouvrières de la soie —, elle s’engage dans la défense des travailleuses. À Lyon, elle fonde deux syndicats exclusivement féminins : le Syndicat des dames employées de commerce, dont elle assure la présidence, et le Syndicat des ouvrières de l’aiguille lyonnaise.
Son engagement se poursuit avec la création d’un troisième syndicat, celui des ouvrières de la soie. En 1899, elle mène une réflexion approfondie sur la condition des femmes au travail en France. Constatant que près d’un tiers des vingt millions de Françaises exerce une activité professionnelle, elle plaide pour la formation d’une élite militante capable de défendre les droits des travailleuses.
Après la Première Guerre mondiale, Marie-Louise Rochebillard se consacre aux œuvres sociales et sanitaires. Elle dirige successivement l’hôpital auxiliaire de la Férandière, puis l’œuvre du Bon Abri, destinée à l’accueil et à la protection des jeunes filles à Lyon. À partir de 1925, elle poursuit son action dans un centre anticancéreux.
Figure marquante du syndicalisme chrétien féminin et de l’action sociale lyonnaise, Marie-Louise Rochebillard s’éteint à Lyon le 30 janvier 1936.
Source : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron.


