Nous sommes allés à la rencontre d’Isabelle Dumestre élue d’opposition à la Mairie de Saint-Etienne, 4 jours après le jugement dans l’affaire de la sextape stéphanoise.
Un entretien approfondie menée sur Radio Gaga, avec l’analyse d’une période politique complexe à Saint-Étienne, marquée par des tensions internes, des accusations judiciaires lourdes, et une gouvernance conflictuelle. Isabelle Dumestre, figure de l’opposition, témoigne du climat difficile entre 2020 et 2023, détaillant l’impact de l’affaire judiciaire concernant l’ancien maire Gaël Perdriau et ses répercussions sur la ville, les institutions métropolitaines, et les perspectives municipales futures. Le propos souligne la dégradation de la fonction publique locale, les luttes de pouvoir au sein de la majorité, ainsi que les conséquences sur les relations institutionnelles et le tissu économique et associatif.
Isabelle Dumestre débute son témoignage en exprimant le malaise profond ressenti durant ces trois années à Saint-Étienne, depuis la révélation de l’affaire, où l’action politique a été parasitée par une affaire judiciaire portée contre le maire et certains de ses proches. Elle souligne le décalage entre la vocation des élus, qui devraient défendre l’intérêt collectif, et la réalité d’un conseil municipal miné par des pratiques douteuses, notamment l’usage détourné de fonds publics pour un chantage. Le groupe d’opposition de gauche a tenté de maintenir une activité constructive en proposant des solutions, tout en veillant à ne pas laisser cette affaire être occultée, car elle s’avérait intolérable sur le plan éthique et nuisait au développement de projets municipaux. Mme Dumestre évoque également la découverte d’un comportement agressif et destructeur de la part de Gaël Perdriau lors de son second mandat, qui, loin d’incarner une posture apaisée d’élu réélu, s’est montré prêt à écraser toute opposition, signe d’un profond désintérêt pour la gestion de la ville, focalisé sur ses ambitions personnelles nationales.
Au fil de cette rencontre, Isabelle Dumestre relate comment l’ambiance au sein de la majorité s’est dégradée après le confinement, période où la vie municipale a repris « presque normalement ». Elle remarque des conflits ouverts, notamment quand M. Perdriau contredisait publiquement son premier adjoint, Gilles Artigues, minant ainsi la cohésion de la majorité. Le premier adjoint, d’ordinaire expérimenté et rassurant, apparaissait effacé et marqué par cette situation, au point où elle s’inquiétait de son état moral, témoignant même d’un soutien empathique malgré l’opposition politique. Elle établit un contraste fort entre Gilles Artigues, soucieux de l’intérêt général, et la personnalité du Maire, plus centrée sur ses propres ambitions et manœuvres personnelles, notamment à travers son directeur de cabinet. Les exemples cités montrent que le climat politique était irrémédiablement entaché par des jeux d’influence et un manque de respect fondamental entre élus.
L’affaire judiciaire et ses conséquences pour la ville
Isabelle Dumestre aborde ensuite les implications judiciaires, rappelant les chefs d’accusation retentissants dont M. Perdriau a été l’objet : détournement de fonds publics, association de malfaiteurs, chantage aggravé. Malgré la présomption d’innocence, l’ancienne opposante souligne que l’ex maire n’a jamais reconnu ses devoirs de responsabilité publique, se contentant d’invoquer ses droits. Elle dénonce également la stratégie du maire accusé qui, au lieu de se concentrer sur sa défense, a transformé la ville en un bouclier politique, ce qui a dégradé les relations institutionnelles avec l’État, la région et la métropole, au point de faire échouer l’arrivée de ministres et la distribution de subventions. Ce climat a aussi impacté le milieu économique et culturel local, avec des chefs d’entreprise exprimant leur mécontentement et des auteurs refusant de participer à des évènements municipaux par crainte d’un malaise relationnel. Elle insiste sur le fait que M. Perdriau n’a jamais pris en compte les dommages collatéraux subis par la collectivité et ses partenaires.
Blocages institutionnels à la métropole et survie politique de Gaël Perdriau
La discussion glisse vers le fonctionnement paralysé de la Métropole de Saint-Étienne. Isabelle Dumestre décrypte le « retrait » ambigu et arbitraire décidé par M. Perdriau en décembre 2022, lorsqu’il a fui un vote qui allait le rendre minoritaire. Elle révèle que malgré ce retrait de façade, Gaël Perdriau a continué à percevoir des indemnités substantielles, supérieures à 5000 euros mensuels cumulés, même si une demi-réduction de celles-ci a pu être obtenue. La présidente intérimaire, Madame Fayol, malgré les obstacles et l’absence de pouvoirs effectifs – elle ne pouvait ni embaucher ni choisir son équipe à cause de l’imposition par Perdriau des principaux cadres – a réussi à maintenir un semblant de fonctionnement, notamment face à des résistances multiples et à des sabotages systématiques orchestrés par l’ancien président. Elle a dû faire face à un système bloqué à plusieurs niveaux, où M. Perdriau continuait d’exercer une influence toxique, par exemple en tentant d’empêcher la signature d’importants contrats avec la Région.
La suite est a retrouver sur Radio GAGA 42, la chaine Youtube qui vient de passer les 40 000 vues
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