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Benoît Fabre : Le rôle du collectif économique de la Loire dans les mutations politiques et sociales

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Nous sommes allés rencontrer Benoît Fabre, pour un entretien Radio GAGA 42, cet entretien met en avant la nécessité de replacer l’économie au centre, du débat politique local, soulignant l’impact de la redistribution géopolitique, des mutations technologiques et des défis climatiques sur la production de richesse et la cohésion sociale. À travers l’expérience du collectif économique de la Loire, le dialogue s’organise entre agriculteurs, industriels, branches professionnelles, chambres consulaires et élus, valorisant la co-construction et l’innovation pour résoudre les crises de fiscalité, répartition et attractivité territoriale. Le rapport interroge le modèle fiscal français, la perte de souveraineté et les incohérences du débat public, affirmant que l’économie, loin d’être une finalité financière, constitue la base du progrès social et territorial.

Genèse et fondements du collectif économique : replacer l’économie au cœur du politique

Benoît Fabre discute de la raison d’être du collectif économique, né du constat que l’économie doit revenir au premier plan du débat public et politique. S’appuyant sur l’exemple de la mairie comme centre du village, il explique que le collectif regroupe les élus des branches professionnelles, dont les présidents sont élus par leurs pairs issus du monde de l’entreprise, des chambres consulaires (chambres des métiers, commerce, agriculture) et des divers représentants institutionnels. Il insiste sur les liens forts entre ces chambres et l’État, précisant que l’État ne fait qu’appliquer les lois votées par le Parlement. Le collectif répond à la montée des enjeux économiques, marqués par la redistribution géopolitique accélérée sous Trump, Poutine et la Chine, et le défi climatique qui impose la conciliation de l’économie avec la lutte contre la signature carbone. Fabre défend une approche intégrée où innovation et investissement sont les leviers pour produire moins de carbone, réfutant toute opposition entre économie et écologie, et affirmant la nécessité de coopération interprofessionnelle (agriculture, industrie, gestion de l’eau et des déchets). Le diagnostic initial pose le principe que sans richesse produite, il n’y a ni impôts pour financer le système social, ni infrastructures publiques.

Crise de la répartition, fiscalité et naissance d’un modèle coopératif

Benoît Fabre analyse la mentalité française qui privilégie la répartition de la richesse avant même sa création, générant des luttes inutiles et une confusion entretenue par le manque d’éducation économique. Il dénonce la dévalorisation des métiers manuels et la croyance que l’intelligence réside uniquement dans les diplômes, plaidant pour une reconnaissance de tous les métiers dans la création de richesse. Le collectif économique, lancé en 2019 et rassemblant plus de 26 organisations de la Loire, transcende les logiques purement revendicatives pour s’engager dans une co-construction durable de la richesse. Ce modèle, observé par d’autres départements, intègre toutes les filières – agriculture, agro-industrie, artisanat, chambres consulaires, État – et vise la production de richesse pérenne à travers la discussion de tous les thèmes essentiels, refusant que le système politique décide seul. Fabre expose les limites du modèle actuel : capacité d’emprunt saturée, impôts à un seuil de douleur élevé et réaction négative des contribuables, illustrée par le choix de certains médecins de réduire leur temps de travail pour ne pas subir une fiscalité excessive. Il décrit ce cercle vicieux où la baisse d’activité due à l’augmentation des impôts réduit les recettes fiscales, démontrant la nécessité d’une gestion raisonnable où la contribution reste supportable par chacun.

Projets concrets : mobilité, énergie, cohésion sociale et logement

Le collectif économique se distingue par la mise en œuvre de projets fédérateurs mêlant élus, branches, État et citoyens : mobilité des salariés et populations (faci­li­ta­tion de l’accès à l’école et à l’hôpital), création de boucles énergétiques financées par les entreprises, plan de gestion de l’eau concerté entre agriculture, industrie et citoyens, études pionnières dans la Loire sur ces sujets pour générer des propositions innovantes. Des exemples incluent la mobilisation de la fondation des banques pour l’hébergement des alternants, avec l’objectif de proposer des logements à bas coût adossés à des actions citoyennes, ainsi que la recherche de financements pour le sport et le secteur associatif, éléments essentiels de la cohésion sociale. Benoît Fabre détaille son rôle à la tête du comité régional Action Logement (gestion de 120 000 logements, 5 milliards d’euros investis sur 5 ans), illustrant le lien direct entre économie et cohésion sociale. Il insiste sur la différence cruciale entre économie (production de richesse partagée) et finance (simple outil), appelant à ne pas confondre les deux et à replacer l’économie comme vecteur collectif de progrès.

Élections locales, mutation économique et enjeux de gouvernance territoriale

Face à l’échéance électorale imminente, Benoît Fabre détaille la stratégie du collectif pour influencer le débat : exiger que les candidats exposent leur vision économique tant au niveau municipal que métropolitain, rappelant que la loi impose de discuter l’économie à l’échelle métropolitaine. Il réfute toute prétention à valider ou recaler les projets politiques, prônant la responsabilité individuelle des élus et une collaboration profonde entre décideurs politiques et acteurs économiques. Fabre avertit sur la régression du modèle où élus agissent sans concertation, soulignant la gravité de la situation économique et de la dette, et appelle à dépasser l’antagonisme entre intérêt économique et social. Il insiste sur la nécessité de trancher les arbitrages d’investissement (piscine, gymnase, théâtre) en fonction de l’attractivité du territoire, en facilitant la mobilité intercommunale. L’exemple du coût de 57 millions d’euros payé annuellement pour le transport des salariés sans retour bénéfique montre l’essoufflement du système. Fabre observe dans la presse le discours du manque de moyens et appelle à une table ronde pour trouver des solutions à un seuil de fiscalité critique, regrettant le tabou de l’économie dans le débat public français.

Système de production, pouvoir d’achat et concurrence internationale

Le débat aborde le cœur du problème français avec le discours de l’ancien Premier ministre François Bayrou, qui pointait la faiblesse du niveau de production plutôt que le manque de travail. Benoît Fabre met en lumière la mutation technologique, le vieillissement de la population, la montée des attentes des jeunes, et la nécessité d’un nouveau système de production. La crise internationale montre que la souveraineté dépend directement de la capacité à produire. L’enjeu est d’accroître la production tout en limitant la création de carbone, grâce à l’innovation, permettant une multiplication des résultats pour des efforts moindres. Questionné sur le pouvoir d’achat, il analyse la pression du coût de revient comparé à l’international, incitant même les Français à privilégier des produits importés souvent moins conformes aux normes. Ce paradoxe révèle un cercle vicieux : la qualité et la sécurité sont sacrifiées pour des prix bas, principalement sur des produits asiatiques, et à long terme ces choix coûtent plus cher par manque de durabilité.

Impacts fiscaux, découragement du travail et impasse politique

Benoît Fabre explicite l’impact réel de la fiscalité sur le salaire net, rappelant qu’il faut générer 2,2 € de valeur ajoutée pour verser 1 € net au salarié en France, et que la fiche de paie masque une double imposition sur le revenu. Il critique frontalement la décision du nouveau Premier ministre de taxer l’épargne accumulée en fin de vie, même sur le capital, ce qui selon lui décourage l’effort et l’initiative productive. Cette vision à court terme des recettes fiscales omet l’effet pervers de la démotivation, poussant les gens à réduire leur implication, et mine la confiance dans le pacte économique national. Fabre accuse les politiques d’incompétence économique et prévient que toute campagne municipale sans débats économiques trompe les citoyens, révélant l’impossibilité d’atteindre la sécurité, le commerce ou toute ambition urbaine sans fondements économiques solides. Il conclut sur l’urgence d’expliquer l’économie clairement aux citoyens, dénonçant le discours mensonger consistant à promettre sans ressources et soulignant que toute initiative de sécurité, de salaires ou d’attractivité renvoie à la nécessité de financer par la taxe, bouclant la démonstration.

l’intégralité de cet entretien est a retrouver ICI


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