Christian Chassagne nous présente les ligériens célèbres, extrait de son dictionnaire des personnalités marquante de la Loire.
Aujourd’hui : Philibert Gardette
Né le 7 mai 1765 à Saint-Romain-d’Urfé, Philibert Gardette reçoit ses premières leçons auprès du curé de sa paroisse. Il poursuit ensuite ses études au collège de Thiers, où il suit les classes d’humanités et de rhétorique. Il étudie ensuite la philosophie au séminaire Saint-Irénée de Lyon avant d’achever sa formation théologique chez les Oratoriens.
Opposé à la Constitution civile du clergé pendant la Révolution française, il refuse de recevoir l’ordination de l’évêque constitutionnel Lamourette. Afin de demeurer fidèle à ses convictions, il demande à être ordonné prêtre au Le Puy-en-Velay en 1791.
La période révolutionnaire marque profondément son existence. En 1793, contraint de se livrer à la police, il est condamné à la déportation. L’année suivante, il est interné à Bordeaux et doit être embarqué à Rochefort. Sa libération intervient finalement en 1795, lui permettant de regagner son village natal.
De retour dans la Loire, Philibert Gardette devient prêtre « missionnaire ». Aux côtés de l’abbé Denis, il se consacre clandestinement à l’enseignement religieux auprès de quelques enfants, malgré le contexte encore hostile à l’Église. Il commence cette œuvre à Neulise, puis à Saint-Jodard, où il fait construire une maison appelée à devenir un petit séminaire.
À la mort de l’abbé Denis, en 1803, Philibert Gardette est nommé supérieur du petit séminaire. Sa réputation de pédagogue et de directeur spirituel ne cesse alors de grandir. En 1812, le cardinal Joseph Fesch le nomme supérieur du séminaire Saint-Irénée ainsi que vicaire général.

En 1824, Mgr de Pins le confirme dans ses fonctions. Il devient également prêtre de Saint-Sulpice. Malgré une santé déclinante, il poursuit son activité jusqu’en 1841, date à laquelle il démissionne de ses responsabilités tout en continuant à rendre quelques services au séminaire.
Philibert Gardette s’éteint à Lyon le 16 août 1848. Au cours de sa longue carrière ecclésiastique, il forma plusieurs générations de prêtres, parmi lesquels figurent notamment Marcellin Champagnat, Jean-Claude Colin et Jean-Marie Vianney.
Source : Musée du Diocèse de Lyon, « Philibert Gardette (1765-1848) », par Jean Canard.

