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Rencontres littéraires à la Fête du livre de Saint-Étienne

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Radio Gaga 42

À l’occasion de la Fête du Livre de Saint-Étienne 2026, nous sommes allés à la rencontre de personnalités aux parcours et aux univers variés. Au fil de nos échanges, nous avons retrouvé Mac Lesggy, Emmanuel Ruben, Aurélien Gautherie, Frédéric Doré, Sophie Loubière, Dominique Rocheteau, Zoé Brisby, Sandrine Lucchini et Robin Conche.

Des rencontres riches en découvertes, en anecdotes et en passion, autour des livres, de la culture, de l’histoire et des expériences de chacun. Autant de moments privilégiés pour écouter, échanger et donner la parole à celles et ceux qui font vivre le monde du livre.

Une série d’entretiens de Jérôme Sagnard avec des auteurs réunis à la Fête du livre de Saint-Étienne. Les invités présentent des ouvrages très différents, à travers leurs témoignages, ils expliquent leurs méthodes de travail, leurs sources d’inspiration, l’accueil réservé à leurs livres et les liens qu’ils entretiennent avec le public.

La science du quotidien et les destins de quatre femmes sur le France

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Le premier invité Mac Lesggy présente Toutes les vérités scientifiques sont bonnes à dire, un ouvrage issu de chroniques scientifiques réalisées pendant trois saisons sur RTL. Un éditeur, ayant entendu ces interventions radiophoniques, lui a proposé d’en tirer un livre, écrit à la fin de l’année précédente. L’auteur y répond à des questions très concrètes de la vie quotidienne : les effets du piment sur l’estomac, les moyens de mieux dormir ou encore l’intérêt et les limites de la climatisation. Son objectif est de confronter les croyances et les idées reçues aux réponses de la science et des chercheurs. Il reconnaît toutefois qu’il n’existe pas de recette scientifique garantissant le succès d’un livre, car une part imprévisible demeure dans la rencontre avec le public.

L’ouvrage s’adresse selon lui à tous les esprits curieux, approximativement de 14 à 94 ans, notamment à ceux qui souhaitent mieux comprendre les informations scientifiques et techniques diffusées par les médias. Après avoir découvert quelques rues autour de l’hôtel de ville, de la place du Peuple et de la rue Gambetta, il dit vouloir revenir à Saint-Étienne pour mieux connaître la ville.

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L’entretien suivant est consacré à Zoé Brisby et à son livre consacré aux femmes du paquebot France. L’auteur explique avoir été attiré par l’idée d’une « double disparition » : celle du paquebot lui-même, dont la dernière traversée est marquée par une mutinerie de l’équipage, et celle d’Alice, une femme de chambre que trois autres femmes tentent de retrouver à bord. Ces quatre sœurs, issues de milieux sociaux différents, sont réunies par un traumatisme d’enfance, mais leurs expériences et leurs positions dans la société les ont conduites sur des chemins distincts. Le roman met ainsi en scène une femme de chambre, une coiffeuse travaillant à bord et une passagère de première classe.

Située en 1974, l’histoire explore aussi la recherche de la famille, la place du mariage et le désir d’émancipation. Les personnages sont des femmes ordinaires qui, chacune à son niveau, contribuent à faire évoluer les normes sociales. L’auteur explique que les traumatismes de l’enfance peuvent produire des personnalités et des trajectoires différentes, tandis que les opportunités rencontrées au cours de la vie modifient encore ces destins. Séduit par l’accueil des Stéphanois, il n’exclut pas de faire un jour de Saint-Étienne le décor d’un prochain roman.

Dominique Rocheteau, l’écriture nourrie par les supporters et le défi de la remontée des Verts

Dominique Rocheteau revient à la Fête du livre avec un nouvel ouvrage qui prolonge son travail autour des histoires du football. Il explique avoir pris goût à l’écriture après la publication de Foot sentimental, dont le succès l’a encouragé à rédiger un deuxième livre. Le soutien des supporters a joué un rôle important dans cette décision : pendant deux ans, il a effectué environ 80 rencontres dans des salons, des librairies et différents lieux publics. Ces déplacements lui ont permis de constater la présence de supporters de Saint-Étienne partout en France, reconnaissables à la couleur verte et désireux de partager leurs souvenirs, leurs questions et leur attachement au club.

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Il s’attendait à rencontrer surtout des personnes de sa génération, mais découvre un public beaucoup plus large. De jeunes supporters, qui ne l’ont jamais vu jouer, connaissent pourtant de nombreux détails de sa carrière. Pour lui, cette transmission entre générations illustre le caractère familial et populaire de l’AS Saint-Étienne : la passion se transmet des anciens aux plus jeunes, même lorsque ces derniers n’ont pas vécu les grandes périodes sportives du club.

L’auteur suit également l’équipe actuelle et estime qu’elle possède les qualités nécessaires pour remonter. Il rappelle que la montée a échappé au club la saison précédente, notamment lors d’une série de trois derniers matchs, mais considère que l’effectif est normalement supérieur à celui de la plupart de ses adversaires. Il cite notamment le joueur danois qu’il apprécie et évoque aussi un milieu slovène encore peu observé. L’équipe lui semble physiquement prête, capable d’exercer un pressing intense, comparable par certains aspects à celui du Paris Saint-Germain. Il appelle néanmoins à davantage de solidité défensive et met en garde contre la pression particulière qui pèse sur les joueurs à Saint-Étienne, comme à Marseille : l’attente du public peut devenir un facteur de fragilité en fin de saison.

Enquêter pour écrire sur les réseaux prostitutionnels et l’exploitation des mineurs

Sandrine Lucchini participe pour la première fois à la Fête du livre de Saint-Étienne, qu’elle décrit comme une manifestation chaleureuse, généreuse et particulièrement ouverte aux nouveaux auteurs. Elle revient sur sa sélection comme finaliste du prix Charles Exbrayat et explique qu’une place parmi les finalistes constitue déjà une reconnaissance importante, même si le choix final revient au public. Elle est également à nouveau finaliste du prix Cognac, dont le résultat doit être annoncé la semaine suivante.

Son livre abordant le milieu de la prostitution repose sur un important travail documentaire. Avant de se lancer dans un roman, elle procède comme dans un reportage d’investigation, domaine dont elle est issue, notamment dans l’univers de la procédure judiciaire. Elle exerce aujourd’hui comme psychologue spécialisée dans le psychotraumatisme, mais conserve de son expérience journalistique le goût d’écouter les phénomènes qui apparaissent « à bas bruit » dans la société. Elle rassemble d’abord une documentation abondante, effectue des repérages et rencontre les différents acteurs concernés avant de construire son intrigue.

Elle explique que son ouvrage traite de l’émergence des réseaux prostitutionnels et de l’exploitation sexuelle forcée des mineurs. L’enjeu n’est pas seulement de produire un polar avec des révélations successives, mais de montrer le fonctionnement de ces réseaux et leur ampleur. Selon elle, les réseaux internationaux et nationaux ne sont pas séparés : ils convergent et forment un ensemble beaucoup plus vaste qu’on ne l’imagine souvent. Elle considère que Saint-Étienne pourrait offrir un décor intéressant à un futur roman, grâce au contraste entre la ville, son ambiance particulière et les espaces naturels qui l’entourent.

Du rap au livre : témoigner de la condition ouvrière

Robin Conche nous raconte son passage du rap à l’écriture. Pour lui, les deux pratiques sont liées, car rapper suppose déjà d’écrire et de décrire ce que l’on voit ou ce que l’on ressent. La musique lui paraissant parfois trop courte pour développer certaines observations, il a choisi de les prolonger dans un livre. Il possède déjà un ou deux autres projets, mais leur publication dépend encore du temps et du travail nécessaires : contrairement à une chanson, un livre demande une construction beaucoup plus longue.

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Son premier ouvrage s’appuie sur son expérience du monde industriel. Même si le livre évoque moins d’un an ou environ deux ans de cette expérience, il précise avoir travaillé six ans dans l’industrie et avoir ainsi recueilli une connaissance directe du terrain. Il critique la manière dont certains responsables politiques se rendent dans des entreprises en difficulté : ils viennent afficher leur soutien, serrer des mains et produire une image publique, mais ne connaissent pas nécessairement la réalité quotidienne des salariés. Derrière cette récupération politique, il voit des ouvriers qui souffrent, des usines qui ferment et des personnes qui perdent leur emploi après parfois vingt années passées dans la même entreprise.

Robin inscrit cette réalité dans une réflexion plus large sur le prolétariat, les personnels hospitaliers et l’ensemble des catégories populaires confrontées à une élite éloignée de leurs conditions de vie. Sa visibilité grandissante, notamment après une nomination dans un classement de personnalités du futur publié par GQ, l’intéresse surtout lorsqu’elle permet de mettre ces causes en avant plutôt que de promouvoir sa personne. Il continue parallèlement la musique, avec plusieurs concerts prévus, notamment à Paris et à Montpellier, même si une représentation au Clapier a été annulée à la suite de l’annulation de la tournée de l’artiste principal.

Truman Capote, un manuscrit disparu et la possibilité d’une seconde chance

Frédéric Doré présente son deuxième roman, L’ami secret, construit autour d’un mystère lié à Truman Capote. Capote avait commencé un roman intitulé Prières exaucées et en avait publié plusieurs chapitres dans une revue. Ces extraits avaient provoqué la colère de ses amis de la haute société new-yorkaise, qui pensaient reconnaître leur vie dans le texte. Le doute demeure sur le destin du manuscrit : Capote a peut-être achevé le roman puis l’a caché ou détruit sous la pression de ses proches, ou bien il ne l’a jamais terminé et a renoncé à poursuivre son projet.

À partir de cette énigme, le roman suit un ancien rockeur qui a connu le succès mais dont la carrière s’est essoufflée. Lorsqu’il pense avoir trouvé une piste permettant de retrouver le manuscrit disparu, il se transforme en une sorte de détective privé et recherche les témoins liés à l’affaire. Cette enquête littéraire devient aussi une quête personnelle : le personnage se demande s’il peut connaître une deuxième carrière, enregistrer un nouvel album et retrouver une place dans le monde artistique. Le destin incertain du roman de Capote lui sert de miroir, puisqu’il se demande lui aussi si un succès passé peut être suivi d’un nouveau départ.

L’auteur a intégré à l’histoire des lieux qu’il connaît directement, notamment New York et Cuba, où il a vécu et travaillé comme diplomate. Ces villes deviennent presque des personnages du récit. Il a également effectué des recherches biographiques sur Truman Capote afin de donner au roman une base crédible, tout en conservant sa dimension policière. L’ouvrage a reçu un accueil très favorable de la presse et des libraires, notamment grâce à la combinaison du mystère autour de Capote, de l’enquête et de la question universelle qui traverse le récit : peut-on avoir une seconde chance après avoir connu le succès ?

Pour voir l ‘intégralité des entretiens c’est ICI

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