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La France Insoumise réagit sur les heurts survenus le 17 octobre

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Radio Gaga 42

Communiqué

La France insoumise a été fondée en 2016 sur le voeu d’opérer un changement politique radical vers un modèle profondément progressiste par la seule voie institutionnelle et démocratique. La non-violence fait ainsi partie de son ADN le plus profond, que cette violence soit dirigée contre des personnes ou des biens. Dans les heures qui ont suivi la manifestation de samedi, nos pensées sont allées immédiatement  et prioritairement au jeune homme dont la main a été arrachée pour toujours par une grenade. Nous lui réaffirmons ici tout notre soutien et souhaitons que l’enquête progresse vite et de manière transparente. L’amputation d’un membre ne se répare jamais et rien ne pourra jamais l’indemniser. Ce ne sont pas que des larmes qui coulent mais aussi le sang, pas seulement des rêves brisés, mais des corps. C’est pourquoi nous avons décidé d’interpellerle Maire : nous leur demandons d’interroger le Préfet sur les grenades utilisées et dans quelles conditions, et sur les ordres donnés et par qui ; nous leur demandons d’exprimer le soutien de la Ville à ce jeune et à ses proches ainsi qu’à toutes les victimes de violences policières. L’intégrité physique de plusieurs personnes a été atteinte ce samedi à Saint-Etienne.

Nous déplorons aussi, sans pour autant les mettre sur le même plan, les dégradations urbaines et les attaques contre la maison commune, cet espace d’expression démocratique qu’est notre mairie et son annexe de Centre 2, intégralement dévastée. Nos pensées vont aux agentes municipaux qui y travaillent et font vivre les services publics locaux au quotidien. Nous nous associons à elles et eux dans l’épreuve qu’ils ont eu à vivre.

Nous apportons également tout notre soutien aux commerçant∙.e.s, notamment indépendants dont l’activité est souvent un projet de vie avant d’être purement financier, et qui ont investi beaucoup plus que de l’argent dans leurs établissements. Nous demandons, comme le prévoit la loi, leur indemnisation par l’État au plus vite et nous retournerons à leur rencontre dès demain.

Ces heurts ne doivent toutefois pas mettre de côté un fait majeur : comme partout ailleurs en France, la mobilisation populaire contre la politique du gouvernement et des précédents a été massive et, pour l’immense majorité du cortège, parfaitement calme et apaisée. Les rues de notre ville n’avaient pas connue pareille foule depuis la contestation contre la dernière réforme des retraites, probablement plus de 10 000 personnes. En ce sens, cette journée a été un succès retentissant.

Ceci étant posé, il est impossible de commenter les événements qui ont touché Saint-Étienne ce week-end sans contextualiser la situation politique et sociale au niveau national.  La liste est longue des  violences sociales commises par celles et ceux qui ont systématiquement cassé les services publics et les principes de notre République. Aucun secteur n’est épargné : éducation, justice, soin, etc., le pays est exsangue. Plus d’un tiers du budget de l’Etat est pillé par les grandes entreprises multinationales et leurs actionnaires, dont la plupart ne payent aucun impôt, au détriment de la population. Aujourd’hui, la part du patrimoine hérité atteint 70%, contre 35% dans les années 1970. Depuis l’arrivée de Macron au pouvoir, les milliardaires français ont doublé leur fortune. Ils sont 53 et détiennent autant de richesse que 32 millions de personnes. Dans le même temps, 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, 10% des Français-es ne mangent pas à leur faim, 350 000 personnes vivent à la rue, « etc ». Toutes les instances démocratiques intermédiaires ont été fragilisées sous couvert de simplification économique, les revendications ne sont pas entendues et les résultats des élections bafoués. Ces réalités se déclinent à l’échelle de notre ville. À Saint-Étienne, le taux de pauvreté est de 30%., plus de 50% dans certains quartiers.

Un seul secteur voit son budget progresser constamment depuis 2012, au point d’avoir plus que doublé : la police, dernier rempart indispensable face à une colère légitime et toujours plus grande. Mais dans quel but ? Les polices judiciaires et scientifiques, indispensables à des enquêtes rapides et de qualité, sont dépouillées. Ces budgets vont donc quasi-exclusivement dans l’acquisition d’armements toujours plus lourds, dangereux et liberticides. Depuis le début des mobilisations lycéen.nes, 5 jeunes en ont déjà été victime irrémédiablement. 

Il est nécessaire de sortir de la crise par le haut, c’est-à-dire par des réponses politiques à la hauteur des enjeux. C’est ce que nous défendons nationalement avec des propositions de mesures comme, la taxe Zucman, la fin de Parcoursup ou le blocage des prix, et, localement, la tarification sociale pour changer les vies et entrevoir l’Avenir en commun dans notre pays et dans notre ville.

Les élu-e-s du groupe Saint-Étienne Insoumise

Ulysse Hammache, Valentine Mercier, Meryam Zenaf

Redaction
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