François Chéri-Rousseau est né en 1826, vraisemblablement à Bergerac, et est décédé en 1908 à Saint-Just-sur-Loire. Après un début de carrière à Cusset (Allier), il s’installe à Saint-Étienne vers le milieu du XIXᵉ siècle. Il y tient un atelier de photographie, d’abord au 7 place Mi-Carême vers 1860, puis au 8 place de l’Hôtel-de-Ville jusqu’à la fin du XIXᵉ.
Il se présente comme « peintre-photographe » , mêlant sans doute un sens artistique et pictural à la technique photographique.
Chéri-Rousseau a eu deux fils (Gaston Jean-Baptiste, né en 1856, et Guillaume Marie Charles, né en 1859), eux aussi photographes, ce qui explique que la continuation de l’atelier familial rende parfois floue la chronologie exacte de son activité.
Chéri-Rousseau s’est fait connaître par des portraits et des photographies au format « carte de visite » — un format populaire à l’époque, qui assurait sa réussite commerciale.
Ces portraits ont contribué à documenter la bourgeoisie et les notables de la région. On lui doit de nombreux clichés de personnalités foréziennes, de scientifiques, d’industriels, ou de bourgeois locaux.
Au-delà de la photographie d’atelier, il a produit des reportages documentaires remarquables sur la vie quotidienne stéphanoise. Par exemple : des séries photographiques sur la construction des chemins de fer (Firminy ↔ Annonay, et du Pertuiset à Saint-Just), mais aussi sur des événements locaux comme la cavalcade de Saint-Chamond en 1885.
Il a également édité des cartes postales, montrant monuments, rues, quartiers ou panoramas de la ville, contribuant ainsi à la mémoire visuelle de Saint-Étienne au XIXᵉ siècle.
Photographe averti, Chéri-Rousseau ne s’est pas contenté de reproduire ce qu’on attendait d’un portraitiste. Il s’est intéressé aux techniques, notamment le tirage au charbon, et a déposé en 1876 un brevet pour l’application de la peinture à l’encre grasse sur photographies.
Il est aussi mentionné comme l’exploitant d’un appareil appelé « Aléthorama », un dispositif de « cinématographe à défilement continu », ce qui montre son goût pour l’expérimentation, presque anticipant les débuts du cinéma.
Chéri-Rousseau a été reconnu de son vivant : il a obtenu plusieurs médailles d’or lors de diverses expositions, dont une médaille d’or à l’Exposition universelle de Paris 1878. Il a aussi été membre du jury de l’Exposition universelle de Paris 1889, signe de sa place reconnue au sein du cercle photographique national.
Aujourd’hui, plusieurs de ses photographies, portraits, vues de la ville, scènes de vie, sont conservées dans des fonds patrimoniaux (par exemple dans les médiathèques de Saint-Étienne).
Ces images constituent un précieux témoignage visuel de la région et de son évolution au XIXᵉ siècle : architecture, modes de vie, classes sociales, urbanisme…

Quelques exemples de ses œuvres
- Une vue panoramique de Saint-Étienne composée de cartes postales jointes, montrant la ville dans son aspect XIXᵉ.
- Portraits de notables, scientifiques, commerçants ou bourgeois locaux — documents précieux pour l’histoire sociale de la Loire.
- Photographies de monuments, rues, quartiers (comme l’église à Côte-Chaude, rue Gérentet, la statue de la Rubannerie… , des traces visuelles d’un patrimoine parfois disparu.
Pourquoi Chéri-Rousseau reste important
- Document historique : ses cartes postales et vues urbaines offrent un aperçu rare de Saint-Étienne au XIXᵉ, à une époque de profondes transformations industrielles et urbaines.
- Mix art & technique : en combinant portrait, reportage et procédés innovants, il incarne l’esprit d’un photographe-artisan-artiste, cherchant à explorer les possibilités du médium.
- Transmission familiale : ses fils ayant repris l’atelier, il a contribué à la pérennisation de la photographie locale.
- Mémoire sociale & régionale : grâce à lui, on dispose aujourd’hui d’archives visuelles permettant de mieux comprendre l’évolution d’une ville moyenne française à l’âge industriel.

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