Christian Chassagne nous présente les ligériens célèbres, extrait de son dictionnaire des personnalités marquante de la Loire.
Né à Saint-Étienne le 28 mai 1674, Pierre-François Girard appartient à une famille originaire de La Tour-en-Jarez, déjà solidement implantée dans la vie économique locale. Les Girard possèdent notamment le bâtiment où se tiennent les séances de la châtellenie royale.
Son père exerce le métier d’arquebusier et se spécialise pendant plusieurs années dans la fabrication d’armes de chasse et d’armes de luxe. Son savoir-faire lui permet d’exporter sa production vers l’Espagne, le Portugal, l’Italie ainsi qu’à Paris, contribuant ainsi au rayonnement de l’armurerie stéphanoise.
En 1694, Pierre-François Girard succède à son père à la tête de l’entreprise familiale. L’arquebuserie stéphanoise produit alors des armes richement gravées, symboles du prestige et de la splendeur de la couronne de Louis XIV.
Doté d’une solide éducation, entreprenant et doté d’un réel sens du commerce, Pierre-François Girard développe rapidement ses activités vers les pays musulmans, où les armes stéphanoises sont particulièrement appréciées. Ce marché florissant lui assure une importante prospérité financière et lui permet également de soutenir les arts par le mécénat.
Reconnu pour sa loyauté et sa franchise, il manifeste durant de nombreuses années un vif intérêt pour l’industrie locale. Cette implication lui vaut l’estime et la considération de ses contemporains.
En 1716, marchand arquebusier et contrôleur des armes, il devient entrepreneur pour la Manufacture royale d’armes. L’année suivante, en 1717, il est nommé maître armurier de Philippe d’Orléans, alors régent du royaume.
Sa réputation dépasse rapidement les frontières régionales. En 1718, il est choisi comme représentant à Saint-Étienne pour les armes à feu du Comptoir des Indes.

Vers 1740, Pierre-François Girard obtient le titre d’écuyer et devient conseiller secrétaire du roi, maison et couronne de France. Quelques années plus tard, en 1746, il devient seigneur de Roche-la-Molière. Il administre également durant plusieurs années les seigneuries de Saint-Priest et de Saint-Étienne pour le compte de Monsieur de Moras, nouveau seigneur des lieux.
On lui doit également la construction de l’épreuve des canons d’armes à feu au gué du Chavanelet, installation essentielle pour le contrôle et la qualité des productions armurières stéphanoises.
Pierre-François Girard fonde une famille composée de trois fils et trois filles. L’une d’elles, Marie-Benoîte, épouse Jacques-Bernard de Rochetaillée et devient la grand-mère de Camille de Rochetaillée.
Après une vie consacrée à l’armurerie, au commerce et au développement industriel de Saint-Étienne, Pierre-François Girard s’éteint dans sa ville natale le 12 novembre 1751.
Source : Notices biographiques stéphanoises, M. Descreux, 1868.

