Nouveau rendez-vous sur Radio Gaga 42, Phil et Jean-Luc reviennent sur l’histoire du groupe CheryChery, une aventure musicale démarrée à la fin des années 1980 et récemment relancée après des décennies de pause. Le dialogue dévoile comment la passion du rock a forgé leur identité artistique oscillant entre rébellion et romantisme, l’évolution de leurs inspirations et l’importance du collectif dans le processus de création. Le fil conducteur est la sortie de leur nouvel album en 2026, leur grand retour sur scène, et l’émotion partagée tant au sein du groupe qu’avec un public resté fidèle.
Naissance, Nom et Identité de CheryChery
L’entretien s’ouvre par une présentation chaleureuse des membres Phil et Jean-Luc, invités à discuter du rock – terme dont la définition semble avoir muté d’une époque à l’autre. Le nom du groupe, orthographié “CheryChery”, naît en 1989 sur une intuition du frère de Jean-Luc, désireux de combiner la tonalité rugueuse et rebelle du rock avec la douceur assumée du romantisme. Le choix du nom vise ainsi à brouiller la frontière entre virilité musicale et sensibilité personnelle, revendiquant une posture de “rock and love”. Les membres revendiquent une musique expressive, à la fois arme non létale et langage pour canaliser une multitude d’émotions – colère, rage, tendresse – tout en notant que la musique les a “choisis” plus qu’ils ne l’ont choisie.
Définition du Rock et Genèse du Groupe
À travers des réflexions sur la culture rock, Phil et Jean-Luc évoquent l’évolution du genre comme mouvement social, insistant sur son ancrage dans la contre-culture, la révolte et l’affirmation de soi face à la normalisation, des époques punk et grunge à l’actuelle suprématie du rap qui, selon eux, reprend le flambeau de la contestation. Ils soulignent que chaque génération a ses marqueurs musicaux et que l’essence du rock est moins dans un style que dans une attitude face au monde. Revenant à la création du groupe, ils relatent comment CheryChery est né autour de la chanson “Oui bébé”, célébrant la naissance du neveu de Jean-Luc, enregistrée au Studio Mag de Saint-Étienne. C’est là qu’a débuté la collaboration avec le batteur Michel Turco, musicien reconnu, compositeur polyvalent et “couteau suisse” indispensable à leurs premiers concerts régionaux.
Premiers Albums, Séparation et Retrouvailles
Le récit se prolonge avec la constitution du groupe autour de nouveaux membres : ajout d’un bassiste, Steph, repéré par recommandations, permettant à CheryChery de s’installer comme quatuor. Jusqu’en 1996, ils produisent deux albums et multiplient les prestations locales, malgré les contraintes techniques d’une époque où les “machines” rythmaient les concerts, mais au prix d’une certaine frustration en quête de spontanéité plus rock. La dissolution survient quand les chemins de vie divergent : Steph part au Canada, Michel poursuit sa carrière musicale, mais tous restent en contact. Les retrouvailles majeures adviennent lors des 50 ans de Michel, où les anciens membres rejouent ensemble sur “I Love Rock and Roll” de Joan Jett, retrouvant instantanément une alchimie intacte.
Renaissance Créative et Nouvelle Méthode de Travail
Portés par la réussite de cette réunion, Phil s’enferme à l’hiver 2023 pour composer huit nouveaux morceaux avec l’idée de relancer le groupe. Insufflant une orientation davantage progressive, le groupe travaille collectivement la matière musicale pour équilibrer recherches harmoniques et héritage rock plus frontal des débuts. Chaque membre apporte ses propres arrangements – textes, batterie, basse – dans un esprit de démocratie, veillant à ce que personne ne joue un titre qu’il ne ressent pas. Plusieurs allers-retours créatifs aboutissent à un consensus artistique fidèle à leur identité, preuve du pouvoir du dialogue et des concessions dans le processus de co-création.
Changement Linguistique, Sortie de l’Album et Diffusion
Interrogés sur la langue de leurs nouveaux titres, les membres avouent que si jadis ils privilégiaient le français, leur dernier album, sorti le 1er avril 2026, affiche une dominante anglophone, tant pour la musicalité que par plaisir personnel. Les huit chansons sont écrites et chantées en anglais, marquant un nouveau chapitre dans leur parcours. L’album est largement accessible : sur toutes les plateformes de streaming, mais aussi sur Bandcamp où figure toute leur discographie. Sans chercher la célébrité ou le succès commercial, les musiciens mettent en avant la notion de plaisir et de partage, revendiquant une approche sincère et artisanale.
Préparation du Concert-Retour et Participation de Céline
L’entretien aborde la préparation du concert du 30 juillet à la Maison Scène, un événement crucial organisé avec l’aide de leur ancien manager, Sergio. Soucieux de jouer dans un lieu à la hauteur de leur musique, le groupe écarte volontairement bars et petits cafés au profit d’une salle équipée pouvant accueillir un véritable spectacle de rock, tant en termes de sonorité que d’éclairage. Pour ce retour, ils invitent Céline – ancienne chanteuse du groupe féminin Ladies Ballbreakers et épouse du batteur Michel – à les rejoindre sur scène pour assurer chœurs et doublages de voix, ajoutant une touche festive et symbolique à cette reformation, qualifiée de “cerise sur le gâteau”.
Un Retour Éphémère mais Chargé d’Espoirs
L’organisation du concert n’est pas sans difficultés, notamment du fait de l’éloignement géographique : Steph vient du Québec, Michel de la région de Montpellier. Malgré cela, une tournée à l’international (au Québec notamment) reste à l’état de projet, la priorité étant cette date unique et un concert privé prévu pour les 60 ans du frère de Jean-Luc. Les membres expriment la part de frustration liée à cette réunion aussi fugace qu’intense, mais affirment leur refus de se mettre de limites sur l’avenir. Pour eux, la musique relève d’un besoin viscéral et ils gardent la porte ouverte à de futures aventures, refusant de considérer ce retour comme un point final.
Réactions du Public et Héritage Local
En conclusion, Phil et Jean-Luc évoquent l’enthousiasme du public fidèle qui les suit, heureux de retrouver un groupe ancré dans l’histoire musicale régionale. Bien que CheryChery n’ait jamais acquis de notoriété nationale, ils ont assuré de prestigieuses premières parties pour Noir Désir et No One Is Innocent, bâtissant un solide public local marqué par la nostalgie et l’attachement. L’émotion est vive parmi les fans, certains ressortant des affiches et souvenirs de l’époque, témoignant de la persistance du lien entre le groupe et ses auditeurs. Ainsi se clôt une séquence où la nostalgie, la transmission et la passion du rock s’entrelacent dans la perspective d’un nouveau départ.
L’intégralité de l’entretien est à retrouver ICI

