Communiqué
Le Collectif Durafour a récemment publié sur les réseaux sociaux une annonce de recrutement pour des agents de sécurité chargés d’intervenir rue Antoine Durafour, dans le centre-ville de Saint-Étienne.
Une publication qui a suscité de nombreuses réactions.
Selon le collectif, il s’agit avant tout d’une démarche rédigée sur le ton du second degré afin d’illustrer le sentiment d’abandon ressenti par une partie des habitants du secteur.
« Nous n’avons ni la vocation, ni les compétences pour créer un service de sécurité privée. Cette publication était volontairement ironique. Mais derrière l’humour se cache une vraie question : comment en arrive-t-on à envisager ce type de solution pour retrouver un peu de tranquillité dans une rue ? », explique un membre du collectif.
Si le recrutement est présenté comme fictif, certains habitants considèrent néanmoins que la présence d’agents de sécurité pourrait avoir un effet dissuasif sur certaines nuisances observées la nuit : bagarres, ivresse sur la voie publique, regroupements bruyants, dépôts sauvages de déchets ou encore incivilités diverses.
Le collectif rappelle également que la police municipale n’est plus présente dans le secteur à partir de la deuxième partie de la nuit.
« On nous a indiqué que la police municipale n’était plus disponible après 2h30 ou 3h du matin. Quant à la police nationale, elle ne se déplace pas systématiquement pour des nuisances sonores. C’est ce qui alimente le sentiment d’abandon d’une partie des habitants », poursuit ce riverain.
Des contrôles jugés insuffisants
Cette prise de parole intervient quelques jours après une importante opération de contrôle menée rue Antoine Durafour en présence de la préfecture, de la police nationale, de la procureure de la République ainsi que de plusieurs administrations.
Le collectif affirme ne pas remettre en cause l’utilité de ces opérations mais s’interroge sur leur efficacité à long terme.
« Personne ne conteste l’intérêt des contrôles. Le problème, c’est qu’ils restent ponctuels. Les habitants ont déjà vu des opérations similaires par le passé. Si elles ne s’inscrivent pas dans la durée, les difficultés reviennent rapidement », estime le collectif.
Certains membres considèrent également que les commerces susceptibles de faire l’objet de contrôles connaissent ces procédures et sont en mesure d’anticiper les inspections.
Selon eux, les opérations ponctuelles ne permettent pas à elles seules de traiter durablement les nuisances nocturnes, les problématiques de propreté ou encore la concentration de certaines activités commerciales dans la rue.
Pour le Collectif Durafour, la solution passe davantage par une action quotidienne : contrôles réguliers, suivi des arrêtés municipaux, amélioration de la propreté, diversification commerciale et présence renforcée des pouvoirs publics sur le terrain.
« Ce dont les habitants ont besoin, ce n’est pas d’une opération exceptionnelle une fois par an. C’est d’un travail de fond, permanent et visible dans le temps », conclut le collectif.

