Le billet d’Éric Moulin Zinutti
Le pays qui s’étend du Forez au Gier n’a longtemps offert, dans les manuels, qu’un visage d’hommes : comtes bardés de fer, seigneurs bâtisseurs de tours, maîtres de forges et, plus tard, capitaines d’industrie. Pourtant, à y regarder de plus près, l’histoire de ce territoire se raconte tout aussi bien au féminin. Ce sont des femmes qui gouvernent le comté lorsque l’époux guerroie ou meurt ; des femmes qui transmettent, de dot en dot, la plus importante seigneurie du Jarez ; des femmes qui, à la tête d’une abbaye, exercent une autorité spirituelle et temporelle sur des terres et des hommes ; des femmes, enfin, que la rumeur et la justice désignent comme sorcières lorsqu’elles paraissent détenir un pouvoir d’une autre sorte. Duchesses, abbesses, sorcières et comtesses : quatre figures, quatre manières d’occuper une place dans une société qui, en droit, tenait la femme pour mineure.
On voudrait ici, en suivant ces quatre types, esquisser une histoire des femmes de pouvoir — ou soupçonnées de pouvoir — dans l’espace qui va de la plaine forézienne aux montagnes du Pilat, entre le XIIIe et le XVIIe siècle. Le propos n’est pas de céder à une lecture anachronique qui ferait de ces dames des féministes avant l’heure. Il est plutôt de montrer que, dans le jeu des successions, des alliances et des dévotions, la femme fut souvent le pivot autour duquel s’organisaient le pouvoir seigneurial et sa mémoire — et que ce pivot, lorsqu’il échappait au contrôle des hommes, pouvait basculer du prestige vers le soupçon.
I. Les comtesses, ou le gouvernement au féminin
Le comté de Forez, terre d’Empire jusqu’à son rattachement au domaine royal, connut aux XIVe et XVe siècles une singularité remarquable : le gouvernement effectif d’une femme, et pour près d’un demi-siècle. Anne Dauphine d’Auvergne, née en 1358, morte à Cleppé le 22 septembre 1417, est la dernière comtesse de Forez de plein exercice 1]. Fille de Béraud II d’Auvergne et de Jeanne de Forez, elle reçut le comté en héritage en 1372, à la mort sans postérité de son oncle Jean II, et l’apporta par mariage à son époux Louis II, duc de Bourbon.
Là est tout l’intérêt de sa figure : Louis II, prince capétien et proche du gouvernement royal, séjournait peu en Forez. De 1372 à 1417, c’est la comtesse qui assura la réalité du gouvernement, faisant du château de Cleppé, ancienne résidence des comtes dans la plaine, un véritable centre de décision[2]. Elle renouvelle les terriers, reçoit les foi et hommage des seigneurs, arbitre, protège. Veuve à partir de 1410, elle donne, comme il arrive souvent aux femmes de ce temps, toute sa mesure une fois libérée de la tutelle maritale : sept années durant, elle exerce seule et pleinement un pouvoir dont elle avait, du vivant de son mari, déjà porté le poids.
Le cas d’Anne Dauphine n’est pas isolé ; il couronne une série. Sa mère, Jeanne de Forez (1337-1373), comtesse de son propre chef, avait déjà porté le comté à la maison dauphine d’Auvergne par son mariage. Plus haut encore dans le temps, la maison comtale avait vu plusieurs de ses filles — Guigonne, comtesse de Vienne, ou Éléonore, alliée aux comtes d’Auvergne — servir de vecteurs aux alliances qui reliaient le Forez aux grandes principautés voisines. Mais Anne Dauphine ajoute à ce rôle de transmission un fait plus rare encore : celui de gouverner.
Il faut ici corriger une idée reçue. Le Moyen Âge ne réservait pas aux femmes une condition aussi effacée qu’on l’a parfois prétendu. Une femme pouvait hériter d’une principauté, la tenir, l’administrer ; si elle ne pouvait régner sur le royaume de France, elle pouvait exercer la régence — l’exemple de Blanche de Castille auprès du jeune Saint Louis est dans toutes les mémoires. À l’échelle forézienne, Anne Dauphine offre l’équivalent de cette régence : le gouvernement d’une principauté par une femme, non par usurpation mais par droit. Que le titre de duchesse de Bourbon lui soit venu par son mariage ne change rien à l’affaire ; il rappelle seulement que la même personne pouvait cumuler, selon les terres, les qualités de comtesse et de duchesse, et que ces dignités, chez les femmes, se lisaient toujours au croisement de l’héritage et de l’alliance.
À sa mort, en 1417, le comté de Forez fut définitivement absorbé dans l’ensemble bourbonnais, dont la capitale était Moulins. La dépouille d’Anne Dauphine fut ramenée à Souvigny, auprès de son époux — manière d’affirmer que la légitimité forézienne qu’elle avait incarnée retournait, elle aussi, au Bourbonnais. Les Foréziens ne s’y trompèrent pas, qui restèrent fidèles à la dynastie. Mais l’ombre de la comtesse plane encore sur Cleppé, et son destin — cette petite fille venue du fond de l’Auvergne pour devenir maîtresse du Forez — dit assez ce que pouvait être, au sommet de la société seigneuriale, la trajectoire d’une femme.
II. Les dames de Saint-Chamond, ou la seigneurie transmise par les femmes
Si les comtesses gouvernent, les dames de Saint-Chamond, elles, transmettent — et ce faisant, elles font l’histoire d’une ville. Capitale du Gier, troisième cité de l’actuel département de la Loire, Saint-Chamond doit son destin à une succession de familles qui tinrent sa seigneurie : la maison du Jarez (1185-1344), celle de Saint-Priest (1344-1580), puis celle de Chevrières[3]. Or le fil qui relie ces trois maisons n’est pas masculin : il est féminin. Ce sont les héritières qui, faute d’héritier mâle, portent la seigneurie d’une famille à l’autre, et c’est par leur dot qu’elles ne se contentent pas de la transmettre, mais l’agrandissent.
La colline Saint-Ennemond, berceau de la ville, fut ainsi successivement le port d’attache de ces trois lignées, et à chaque passage de relais on retrouve une femme. Le mécanisme est celui du droit féodal lui-même : lorsqu’une lignée s’éteint dans les mâles, la fille transmet le fief à la maison de son mari ; la seigneurie change de nom sans changer de mains territoriales, et souvent s’accroît des terres que l’épouse apporte. À Saint-Chamond, ce mécanisme ordinaire a produit un résultat extraordinaire : une continuité seigneuriale de près de quatre siècles, entièrement scandée par des femmes.
C’est ici que l’histoire des dames de Saint-Chamond croise celle des comtesses et, bientôt, celle des sorcières, car la maison qui recueille la seigneurie au terme de ce parcours est celle des Mitte de Chevrières[4], famille qui avait donné au Forez plusieurs de ses officiers. Jacques de Chevrières, dit de Miolans, devint seigneur puis baron de Saint-Chamond par son mariage avec Gabrielle de Saint-Chamond : une fois de plus, c’est une femme qui apporte la seigneurie. La maison des chanoines, l’ancien Hôtel-Dieu, l’église Saint-Pierre, l’Hôtel de Ville — tout ce que Saint-Chamond conserve de son patrimoine ancien est l’œuvre de ces familles, c’est-à-dire, en dernière analyse, l’œuvre des alliances féminines qui les ont fait se succéder.
On aurait tort de réduire ces dames à de simples courroies de transmission patrimoniale. Les archives et la tradition leur prêtent un rôle actif dans la vie de la cité et un souvenir durable dans les mémoires : ce sont elles qui, dans les contes et légendes attachés à Saint-Chamond, fondent le récit de l’« antique cité ». La femme y est à la fois l’instrument juridique de la continuité seigneuriale et la figure autour de laquelle se cristallise l’identité locale — deux fonctions qui, on va le voir, ne sont pas sans rapport avec la manière dont d’autres femmes, moins bien nées, se virent attribuer des pouvoirs d’une tout autre nature.
III. Les abbesses, ou le pouvoir spirituel
Il est un lieu, en Forez, où le pouvoir des femmes ne dépend d’aucun mari : le cloître. À la tête d’une abbaye, l’abbesse exerce une autorité qui est tout ensemble spirituelle et temporelle — sur ses moniales, mais aussi sur les terres, les cens et les hommes qui relèvent de sa maison. Le Forez a connu plusieurs de ces communautés féminines, et l’une d’elles unit de façon remarquable les deux premières figures de notre propos, puisqu’elle fut fondée par une comtesse.
Le prieuré cistercien de Bonlieu, sur la paroisse de La Bouteresse — aujourd’hui Sainte-Agathe-la-Bouteresse —, fut fondé en 1199 par Guillème (les textes la nomment aussi Guillemette ou Ermengarde), épouse du comte de Forez Guigues II[5]. Une comtesse fondant une maison de femmes : le geste dit assez que la dévotion pouvait être, pour une dame de haut rang, un autre exercice du pouvoir. Troisième implantation cistercienne du Forez après La Bénisson-Dieu et Valbenoîte, le prieuré devint abbaye de plein exercice en 1259.
Ce qui frappe, dans l’histoire de Bonlieu, c’est le recrutement social des moniales et de leurs abbesses. Les religieuses comme celles qui les gouvernaient étaient issues des familles de la plaine forézienne — la même noblesse, la même bourgeoisie de fief qui fournissait aux comtes leurs officiers et aux seigneuries leurs héritières. L’abbaye reçut au XIIIe et au XIVe siècle la protection et les dons des comtes de Forez, puis de la puissante famille d’Urfé, dont un membre, Arnulphe, semble avoir participé vers 1324 à la réfection de l’église abbatiale ; plus tard, Claude d’Urfé y éleva un mausolée familial. La maison de femmes était ainsi insérée dans le réseau des grandes familles laïques, qui la dotaient, la protégeaient et y plaçaient leurs filles.
Ce pouvoir avait ses prérogatives et ses conflits. Bonlieu jouissait du privilège d’exemption, qui la soustrayait à la juridiction de l’évêque — situation enviable, mais génératrice de litiges avec les autorités ecclésiastiques voisines[6]. Il y eut aussi, comme partout, des relâchements d’observance : au début du XVIIe siècle, l’abbaye de Clairvaux dut réformer la maison et lui imposer, en 1610, une abbesse venue de l’extérieur, Marie-Anne de Frédeville, pour rétablir la discipline. L’autorité abbatiale n’était donc pas un pouvoir de tout repos : elle se disputait, se réformait, se négociait, exactement comme le pouvoir seigneurial des dames laïques.
À travers Bonlieu, c’est donc un troisième visage de la femme de pouvoir qui apparaît : non plus l’héritière ou la régente, mais la supérieure, dont l’autorité procède de la règle et de la dignité abbatiale. Et l’on remarquera que ce pouvoir-là, aux yeux de l’Église, était parfaitement légitime — pourvu qu’il s’exerçât à l’intérieur des murs du cloître et selon la règle. C’est lorsque le pouvoir prêté à une femme sortait de tout cadre reconnu qu’il changeait de nom, et devenait sorcellerie.
IV. Les sorcières, ou l’envers de la femme de pouvoir
Aux trois figures reconnues — comtesse, dame, abbesse — répond une quatrième, refoulée : la sorcière. Ici, le pouvoir n’est plus conféré par l’héritage, l’alliance ou la règle, mais imputé, soupçonné, redouté. Et le pays qui nous occupe n’a pas échappé à ce soupçon. Encore faut-il, sur ce terrain plus qu’ailleurs, distinguer avec soin ce qui relève du fait judiciaire documenté et ce qui appartient au folklore.
Le plus ancien témoignage nous vient d’un homme qui parcourut ces terres au XIIIe siècle : le dominicain Étienne de Bourbon (v. 1180-1261), l’un des tout premiers inquisiteurs, natif de Belleville près de Lyon, prédicateur général sillonnant la région lyonnaise, la Bourgogne, le Forez et le Massif central[7]. Son grand recueil d’exempla à l’usage des prédicateurs, le Tractatus de diversis materiis predicabilibus, conserve deux anecdotes concernant précisément le Forez, dont l’une porte sur une accusation de sorcellerie — la fameuse « danse de Forez » qu’a étudiée jadis Jean-Étienne Dufour[8]. Ce témoignage est capital : il montre que, dès le XIIIe siècle, le soupçon de maléfice circulait dans les campagnes foréziennes et retenait l’attention d’un inquisiteur.
Le fait judiciaire, lui, est attesté pour le bas Moyen Âge. Deux pièces inédites publiées par Thiollier documentent des affaires de sorcellerie en Forez au XVe siècle[9]. L’une des affaires les mieux caractérisées est celle d’une certaine Marguerite Bachelard, dite « la Bachelard ». Pour se venger du comte de Forez, elle aurait, le matin de la Nativité, fait placer un tison ardent devant la porte de l’écurie comtale et fait passer le cheval du comte au-dessus du brasier — geste tenu pour un maléfice. Le crime de sorcellerie étant, aux yeux du droit, indéniable, le bailli de Forez, Pierre de Mitte de Mons, la cita à comparaître après enquête ; jugeant plus prudent de quitter le pays, elle fut condamnée par contumace, et ce furent ses proches qui acquittèrent une lourde amende[10].
Cette affaire est doublement précieuse. Elle donne d’abord un cas concret, nommé, daté, où la procédure suit son cours : dénonciation, enquête du bailli, citation, contumace, amende infligée à la famille. Elle rappelle ensuite que l’officier instructeur, un Mitte de Mons, appartient à cette même maison qui, quelques générations plus tard, recueillera par mariage la seigneurie de Saint-Chamond. Le fil est significatif : la répression du pouvoir illégitime prêté à une femme du peuple était conduite par les représentants des lignages dont les propres femmes, elles, transmettaient et gouvernaient. D’un côté la dame qui apporte une baronnie en dot ; de l’autre la Bachelard que l’on pourchasse pour un tison — c’est le même monde, vu de ses deux extrémités.
Au-delà de ces cas, la tradition populaire forézienne et stéphanoise a longtemps entretenu tout un imaginaire de la sorcière. Marguerite Gonon, dans son étude sur la médecine populaire, la sorcellerie, les diables et les lutins du Forez, a recueilli ce fonds de croyances[11]. On y voit des femmes réputées commander aux éléments, provoquer la grêle, faire périr les récoltes ou jeter des sorts aux troupeaux — vivant à l’écart, dans des fermes isolées ou en lisière des bois. La tradition les faisait se rassembler sur les hauteurs du Pilat les nuits d’orage, et les éclairs qui couronnaient les crêtes passaient pour les feux de leurs sabbats. Rien de tout cela n’est vérifiable ; mais l’insistance du folklore, jusqu’au XVIIIe siècle, sur ce pouvoir féminin de nuire dit assez la persistance d’une peur.
Il importe, en historien, de tenir les deux bouts. Des procès pour sorcellerie eurent bien lieu dans le Forez et le Jarez aux XVIe et XVIIe siècles, comme dans le reste du royaume, où la répression, mieux encadrée par le pouvoir central qu’en Empire, demeura toutefois réelle. Mais la frontière entre le fait avéré et la légende y est particulièrement poreuse, et il serait imprudent de prendre pour argent comptant les récits de sabbats du Pilat. Ce que l’on peut affirmer, en revanche, c’est que la sorcière fut, dans l’imaginaire de ce pays, l’exacte contre-figure de la comtesse et de l’abbesse : une femme à qui l’on prêtait un pouvoir, mais un pouvoir sans titre, sans terre et sans règle — et que la société, pour cette raison même, jugeait et brûlait.
Duchesses, abbesses, sorcières et comtesses : au terme de ce parcours, les quatre figures se répondent et ne forment plus qu’un seul fil. Toutes disent, chacune à sa manière, la place centrale que la femme occupait dans une société qui, pourtant, la déclarait juridiquement mineure. La comtesse gouverne quand l’homme est absent ou mort ; la dame transmet et agrandit la seigneurie par sa dot ; l’abbesse règne sur son cloître et ses terres au nom de la règle ; et la sorcière, à l’autre extrémité de l’échelle sociale, porte le poids du soupçon que fait naître, chez les humbles, toute femme paraissant détenir un pouvoir hors norme.
Le pays stéphanois et forézien offre, pour éclairer ce paradoxe, un terrain particulièrement net. On y voit une même comtesse fonder une abbaye de femmes ; une seigneurie tout entière — celle de Saint-Chamond — se transmettre de dame en dame pendant quatre siècles ; et un officier de la maison même qui recueillera cette seigneurie instruire, un siècle plus tôt, le procès d’une prétendue sorcière. Le pouvoir des femmes et la peur qu’il inspirait s’y donnent à lire dans un même mouvement. C’est peut-être là, plus que dans le récit des comtes et des forges, que ce pays livre le secret de sa longue durée : une histoire qui, décidément, se conjugue au féminin.
[1]Anne Dauphine d’Auvergne, fille de Béraud II, dauphin d’Auvergne, et de Jeanne de Forez, épousa en 1371 Louis II de Bourbon ; elle hérita du comté en 1372 à la mort de son oncle Jean II. Voir la notice « Anne de Forez » et, pour l’étude de fond, D. Laurent, « Anne Dauphine, duchesse de Bourbon, comtesse de Forez et dame de Beaujeu », et S. Mayère, dans Forez et Bourbon. Les ducs de Bourbon, maîtres du Forez aux XIVe et XVe siècles, actes du colloque de Montbrison, 23 octobre 2010, Montbrison, La Diana, 2011.
[2]Sur Cleppé comme lieu de gouvernement de la comtesse, voir Comté de Forez, et J.-M. de La Mure, Histoire des ducs de Bourbon et des comtes de Forez, éd. 1860-1868. La résidence servit notamment au renouvellement des terriers et à la réception des hommages des seigneurs foréziens.
[3]É. Moulin-Zinutti, Les Dames de Saint-Chamond, ou l’histoire de Saint-Chamond et de ses seigneurs, Saint-Just-la-Pendue, Mémoire et Documents, s.d. ; et, pour la source ancienne de référence, J. Condamin, Histoire de Saint-Chamond et de la seigneurie de Jarez depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours, Paris, A. Picard, 1890.
[4]Sur les Mitte de Chevrières, devenus seigneurs puis barons de Saint-Chamond par le mariage de Jacques de Chevrières dit de Miolans avec Gabrielle de Saint-Chamond, voir Condamin, op. cit., et la généalogie de la maison Mitte. La famille avait donné au comté de Forez plusieurs de ses officiers, dont des baillis.
[5]Sur la fondation de Bonlieu, voir la notice de l’Inventaire général du patrimoine (dossier IA42000642, église abbatiale Notre-Dame), et Ph. Peyron, Trois abbayes cisterciennes en Forez (XIIe-XVe siècles) : La Bénisson-Dieu, Valbenoîte, Bonlieu, préface de R. Gaussin, Saint-Chamond, 1986. La communauté vint de l’abbaye Notre-Dame de Bellecombe, près d’Yssingeaux.
[6]Sur le privilège d’exemption et les conflits de juridiction, voir la notice du monastère (d’après les Statuta Capitulorum Generalium Ordinis Cisterciensis, éd. J.-M. Canivez, 1937). L’abbaye passa successivement sous la dépendance de La Bénisson-Dieu, puis, au début du XVIIe siècle, sous celle de Clairvaux, qui la réforma et lui imposa en 1610 une nouvelle abbesse, Marie-Anne de Frédeville.
[7]Étienne de Bourbon, Anecdotes historiques, légendes et apologues tirés du recueil inédit d’Étienne de Bourbon, dominicain du XIIIe siècle, éd. A. Lecoy de la Marche, Paris, H. Loones, 1877 (accessible sur Gallica). Son Tractatus de diversis materiis predicabilibus rassemble plus de trois mille récits destinés aux prédicateurs.
[8]J.-E. Dufour, « Les deux anecdotes d’Étienne de Bourbon (1190-1261) qui concernent le Forez. L’accusation de sorcellerie : la danse de Forez », Bulletin de la Diana, t. XXVI, n° 2, p. 201-216.
[9]J.-P. Thiollier, « Deux pièces inédites sur la sorcellerie en Forez au XVe siècle », Bulletin de la Diana, t. XXIII, 1927-1930, p. 454-458.
[10]D’après le dossier des traditions et légendes foréziennes ; le nom du bailli instructeur, Pierre de Mitte de Mons, rattache l’affaire à la maison Mitte, qui fournit au comté plusieurs officiers de justice. L’épisode illustre la manière dont l’amende pouvait frapper la parenté d’une accusée en fuite.
[11]M. Gonon, « Médecine populaire, sorcellerie, diables et lutins », dans Manuel d’études foréziennes, Recueil de mémoires et documents sur le Forez, t. XVI, La Diana, 1947 ; et, pour le cadre lyonnais plus large, P. Leutrat, La Sorcellerie lyonnaise, Paris, R. Laffont, 1977.


