Dans le rétro de Norbert Banchet Le rendez-vous proposé sur Minformer.com.
Aujourd’hui : Rencontre mémorable avec Patricia Kass
Mon métier de journaliste m’a permis d’interviewer de nombreux artistes. Papoter avec Patricia Kaas était un rêve. J’ai eu la chance de croiser l’interprète de « Mademoiselle chante le blues » à deux reprises. Mais notre première rencontre a été mémorable pour nous deux.
Nous sommes le samedi 23 février 2013. J’ai rendez-vous avec Patricia Kaas à 17 heures dans la salle, La Commanderie à Dole, dans le Jura. Nous sommes en plein hiver. Il neige. Il fait froid. Je connais bien cette salle pour y avoir interviewé d’autres artistes et assisté à différents concerts. Je me dirige vers l’arrière du bâtiment. Je passe par l’entrée des artistes. Je me présente et on me demande d’attendre dans un couloir. Je sens une certaine ébullition, et même une certaine tension. Des techniciens et autres personnes passent devant moi sans me voir. Soudain Patricia Kaas arrive avec un de ses collaborateurs. Je sens une certaine nervosité dans leur dialogue. Ils rejoignent un bureau et ferment la porte sans me calculer. Je ne dis rien. Je sens bien que ce n’est pas du tout le moment de se faire remarquer.
Patricia Kaas : « Ce n’est pas possible, j’ai trop froid »
Moins d’une minute après, la porte s’ouvre et le collaborateur de la chanteuse se dirige vers moi et me dit : « Vous êtes Norbert Banchet, le journaliste de Chérie FM Dijon. Pardon nous sommes passés devant vous sans vous saluer. Patricia va répondre à vos questions, mais nous devons régler un problème de chauffage. Tout est en panne » L’homme repart s’enfermer dans le bureau. Je reste dans le couloir, où il fait de plus en plus froid. Quelques minutes plus tard Patricia Kass, emmitouflée dans une sorte de doudoune en peau de mouton, écharpe autour du cou et mains gantées, sort et se dirige vers moi. L’interprète de « Mon mec à moi » me tend la main pour me saluer, s’excuse du retard et me dit « ce n’est pas possible, j’ai trop froid. Je ne sais pas où vous recevoir convenablement pour cette interview » Finalement nous irons dans sa loge ou un chauffage électrique tentait de réchauffer l’atmosphère.
« Kaas chante Piaf ».
Les questions ont tourné autour du projet sur lequel Patricia Kaas travaillait depuis 2011, l’hommage à Edith Piaf. L’artiste m’a confié que certaines périodes de sa vie l’avaient aidé à se glisser dans la peau de la môme Piaf pour interpréter quelques titres, non sans émotion. Nous avons aussi abordé la mise en scène de ce spectacle avec ses trois musiciens, un décor contemporain, la présence d’un danseur de hip-hop. L’interview n’a pas été très longue. Nous avions tous les deux très froid. Un technicien est venu chercher l’interprète de « Quand Jimmy dit », lui indiquant que la panne était réparée et qu’elle pouvait enfin commencer les répétitions.
De cette rencontre, il y a une photo souvenir ou nous sommes en doudoune et gilet d’hiver. On sent bien que nous avons un peu froid. Je suis reparti très content d’avoir échangé avec une artiste que je rêvais d’interviewer, sans me douter qu’il y aurait une autre rencontre.
Ma seconde rencontre
Nous sommes quelques années plus tard, le 2 février 2017 au Zénith à Dijon. C’est l’hiver, mais cette fois-ci, le chauffage fonctionne dans la plus grande salle de Bourgogne. J’ai rendez-vous avec Patricia Kass à 16 heures. Je passe par l’arrière du bâtiment ou je suis attendu par son plus proche collaborateur. Immédiatement j’entre dans la loge rouge de cette salle de spectacles, ou m’attend l’interprète de « Madame tout le monde ». D’un large sourire l’artiste se dirige vers moi, me sers la main et m’invite à m’assoir à côté d’elle sur un immense canapé. Elle demande à son bras droit de nous laisser seul. Ce dernier me dira sèchement : « Vous avez dix minutes d’interview »
Avant de commencer, je rappelle à Patricia Kaas les conditions de notre première rencontre à Dole dans le Jura. Sa réaction est instantanée « Mais oui je me souviens Qu’est-ce qu’il faisait froid. Vous savez que je n’étais pas certaine de pourvoir assurer le concert. Je vous avais d’ailleurs reçu dans une loge glacée. J’étais gelée »

Après l’évocation de ces souvenirs, nous avons parlé de sa tournée. En 2017, la chanteuse de tout juste 50 ans venait de sortir son dixième album studio qui réunissait uniquement des titres originaux dont la chanson « Madame tout le monde ». Quand la porte de la loge s’est brutalement ouverte, le collaborateur est venu se planter devant nous pour nous faire comprendre que l’interview devait se terminer. Nous avons donc rapidement conclu. J’ai demandé l’autorisation de faire une photo. Refus clair et net du collaborateur. Immédiatement Patricia Kass a dit : « Mais moi je veux que Norbert fasse une photo » Sa réponse a été cinglante : « Alors d’accord, mais une seule photo et je veux avoir un droit de regard »
Nous avons fait UNE seule photo approuvée par ce charmant monsieur.
Patricia Kass m’a chaleureusement remercié pour l’interview en ajoutant « et peut-être à bientôt ».


