COMMUNIQUE de Jean-Claude TISSOT, sénateur de la Loire.
L’apparition, ce mercredi 10 décembre, d’un cas de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) au sein d’un troupeau de la commune des Bordes-sur-Arize en Ariège marque un nouveau tournant dans la crise sanitaire.
En conformité avec le protocole sanitaire établi par le gouvernement, l’ensemble du cheptel, soit 207 bovins, doit être abattu.
Alors que le ministère ne cesse de répéter que le dépeuplement total constitue la seule méthode efficace pour éviter que la maladie ne se diffuse sur l’ensemble du territoire, la survenance d’un cas à une centaine de kilomètres de toute zone réglementée témoigne de l’échec de la stratégie actuelle. De même, l’abattage d’animaux vaccinés – comme ce fut le cas dans le Doubs il y a quelques jours – illustre les limites du protocole en vigueur.
Aussi, si l’on peut saluer la réactivité des acteurs de terrains et reconnaître la prise de conscience rapide du gouvernement dans la gestion de cette crise depuis juin dernier, il convient de réaliser qu’un changement de protocole doit rapidement s’opérer, avec deux grandes évolutions.
Premièrement, la fin de l’abattage total au profit d’un dépeuplement partiel, davantage ciblé. La profession s’accorde à souligner que la gestion humaine de la crise est aujourd’hui déplorable et le climat anxiogène dans lequel sont plongés les éleveurs ne peut plus durer. L’abattage ciblé aurait le mérite, tout en limitant la propagation du virus, d’atténuer l’impact social et économique, et de faciliter l’acceptabilité.
Deuxièmement, l’ouverture de la vaccination à l’ensemble du territoire, y compris en zone indemne. Il s’agit de la voie de sortie prioritaire. La reprise des exportations de bovins vaccinés vers l’Italie est d’ailleurs le signe qu’une vaccination ne constituera pas un frein au commerce international.
A l’heure où le Parlement examine le budget de l’Etat – les crédits de la mission « agriculture » seront examinés ce soir au Sénat – on ne peut que déplorer l’abandon par les gouvernements successifs d’une véritable ambition pour l’agriculture. Si les crises sanitaires se multiplient – fièvre catarrhale ovine (FCO), maladie hémorragique épizootique (MHE), influenza aviaire, dermatose nodulaire contagieuse – les crédits alloués à planification écologique et à la recherche sanitaire n’ont de cesse de diminuer.
Il est plus que temps d’adapter l’agriculture aux conséquences du changement climatique.





