Dans le rétro de Norbert Banchet Le rendez-vous proposé sur Minformer.com.
La disparition du chanteur Claude François m’a beaucoup marqué. C’était un samedi, le 11 mars 1978, il faisait beau, le ciel était bleu. J’allais bientôt avoir 15 ans et je passais l’après-midi avec un copain. C’est maman qui m’a informé de la nouvelle en début de soirée Je me souviens du JT de 20 heures quand le journaliste de TF1, Jean-Claude Bourret, a annoncé sa disparition accidentelle « Claude François est mort électrocuté à son domicile parisien alors qu’il tentait de changer une ampoule dans sa salle de bain »
Moi qui espérais un jour le voir en gala, je devais me résigner à écouter ses disques que je rangeais soigneusement sur le dessus de la pile de mes nombreux 45 et 33 tours. Claude François était « mon fav » comme le disaient les lecteurs du magazine du chanteur, Podium.
Si à cette époque on m’avait dit « un jour, quand tu seras grand, tu vas papoter avec une Clodette » j’aurai été comme un fou. Quand ce jour-là est arrivé, j’avais grandi, j’étais plus mesuré dans mes attitudes, mais à l’intérieur de moi, j’étais toujours l’ado de 15 ans.
« Cloclo, la fabuleuse histoire de Claude François »
Nous sommes le mardi 13 mars 2012. Le ciné Olympia à Dijon organise une avant-première pour le film : « Cloclo, la fabuleuse histoire de Claude François ». Comme à chaque fois, il y a des projections réservées à la presse quelques jours avant la sortie officielle. Généralement le matin, mais aucun horaire ne me correspondait. D’ailleurs aucune conférence de presse n’était prévue que ce soit avec le réalisateur Florent Emilio Siri ou un des acteurs comme Jérémie Régnier dans le rôle de Claude François ou Benoit Magimel dans la peau de l’imprésario Paul Lederman. La presse locale ne s’était pas bousculée.
La veille de l’avant-première, le cinéma contacte la presse dijonnaise pour nous proposer une projection à 21 heures 30 avec Nadine Ligeron rebaptisée Prisca, lors de son arrivée en 1973 comme danseuse auprès de Claude François. Je réponds positivement à cette invitation.
La rencontre avec Prisca
J’arrive à 21 heures, et la directrice du cinéma me dit que je serai le seul journaliste présent. Très étonné, mais très heureux, on me présente Prisca. Je la reconnais immédiatement. C’est bien elle, la Clodette en paillettes juste derrière Cloclo que j’avais vu à la télévision. L’ado de 15 ans est comme un fou. L’homme de 49 ans est plus mesuré, mais ne cache pas son plaisir de serrer la main à Prisca en ajoutant que Claude François avait une place privilégiée dans ma discothèque, ce qui a plu à la femme d’allure sportive de 55 ans.
Nous prenons la direction de la salle de cinéma. Nous nous installons sur l’un des 650 fauteuils disponibles. Le film est lancé. Je suis seul avec une Clodette. L’adulte que je suis parle à l’ado de 15 ans que j’étais et lui dit : « Tu te rends compte. Tu vas regarder un film sur la vie de Claude François avec sa plus proche Clodette » Nous sommes heureux.
Fin de projection, nous rejoignions un espace cosy avec fauteuils près d’un bar pour réaliser l’interview. D’emblée Nadine Ligeron me dit « Claude aurait apprécié qu’un long-métrage soit consacré à sa vie, mais je regrette que le film ait occulté les Clodettes. On ne nous voit pas assez. Il faut savoir que ses musiciens et ses danseuses étaient sa deuxième famille » Prisca confirmera que « tout ce qui est raconté dans le film est vrai, même si son côté tyrannique est un peu exagéré » La danseuse a aussi salué la performance de l’acteur, Jérémie Rénier. « J’avais l’impression de voir Claude »
Lors de l’interview nous avons abordé sa rencontre avec le chanteur en 1973. De sa carrière au sein des Clodettes de ses 15 ans à ses 20 ans. Des chorégraphies très énergiques et millimétrées, sans oublier les paillettes. Et de la disparition brutale de l’artiste.
Nous avons aussi parlé de son école de danse. A l’époque Nadine Ligeron vivait proche de Dijon, en Saône-et-Loire à Saint-Germain-Du-Bois. Elle donnait des cours de danse au sein de son association, Flash Dance École des Clodinettes. L’idée était de continuer à faire vivre son idole qui a aussi été son patron. « Je lui dois ma carrière. J’ai résisté aux tempêtes professionnelles, et pour que le choses soient claires, notre avons vécu un bel amour platonique. C’est peut-être pour cette raison que je suis resté si longtemps »

La photo
Prisca a joué le jeu des photos. Ne vous fiez pas à mon air « joyeux ! » sur le cliché. La directrice du cinéma a voulu faire les photos avec son téléphone…qui a buggé. La seule réussie, si j’ose dire, est finalement celle-ci. Mais ne vous méprenez pas. L’ado de 15 ans et moi-même étions très heureux d’avoir eu le privilège de papoter avec une Clodette.


