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Les Giron, une dynastie qui a façonné le Saint-Étienne du ruban

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Dans sa série consacrée aux grandes figures de la Loire, Christian Chassagne nous fait découvrir les personnalités qui ont marqué l’histoire du département, à travers son Dictionnaire des personnalités marquantes de la Loire. Aujourd’hui, Les Giron, une dynastie qui a façonné le Saint-Étienne du ruban.

Pendant près de trois siècles, le destin de la famille Giron s’est confondu avec celui de Saint-Étienne. D’abord laboureurs, puis passementiers et enfin industriels de renom, les Giron ont participé à l’essor de la capitale mondiale du ruban. Leur entreprise, Giron Frères, comptera jusqu’à près de 500 métiers à tisser et laissera une empreinte durable dans le paysage stéphanois, notamment à travers l’actuel parc Giron.

Des champs aux premiers ateliers

L’histoire débute à la fin du XVIIe siècle avec Pierre Giron, laboureur à Montbrison. Marié en 1693 à Louise Chichivieu, il transmet son métier à son fils Jean Giron, né en 1696.

Ce dernier épouse Antoinette Coignet en 1717 et poursuit l’activité agricole familiale. Son fils, également prénommé Jean, voit le jour le 30 juillet 1720 à Saint-Étienne. Installé à Monthieu, il travaille lui aussi la terre avant de disparaître prématurément en 1752.

La tradition familiale se poursuit avec Étienne Giron, né en 1756, qui demeure laboureur. Rien ne laisse alors présager que cette famille d’agriculteurs deviendra l’une des plus influentes de l’industrie textile stéphanoise.

Le tournant industriel

La véritable transformation intervient avec Jean-Étienne Giron, né en 1796.

À une époque où Saint-Étienne connaît un essor économique sans précédent grâce à la passementerie, il choisit de quitter le monde agricole pour devenir fabricant de rubans. En 1820, il fonde sa première fabrique, posant les bases d’une aventure industrielle qui marquera durablement la ville.

Marié à Marie-Antoinette Gillier, il élève six enfants. Après la disparition de son fils aîné Étienne en 1851, il transmet les rênes de l’entreprise à ses fils Antoine et Marcellin, assurant ainsi la continuité de la maison familiale.

Giron Frères, un géant du ruban

Avec Marcellin Giron, né en 1828, l’entreprise entre dans son âge d’or.

Aux côtés de son frère Antoine, il fonde la société Giron Frères, spécialisée dans la fabrication de rubans de velours et de galons. Face au développement de l’activité, les ateliers quittent la rue de la République pour s’installer dans une vaste usine construite à Chantegrillet.

L’établissement devient rapidement une référence nationale. Avec près de 500 métiers à tisser, il est considéré comme la plus importante usine de rubans de France.

Mais Marcellin Giron ne se contente pas de diriger son entreprise. Figure incontournable de la vie économique stéphanoise, il préside la Chambre syndicale des tissus, siège à la Chambre de commerce, participe à l’administration des Hospices, de la Banque de France et de la Caisse d’Épargne. Son parcours est couronné par le titre de chevalier de la Légion d’honneur.

Une entreprise au cœur de la vie stéphanoise

Giron-freres Les Giron, une dynastie qui a façonné le Saint-Étienne du ruban

À la mort de Marcellin, en 1908, ses fils Étienne-Marie et Jean-Jacques Giron reprennent ensemble les commandes de l’entreprise familiale.

Sous leur direction, Giron Frères poursuit son développement, mais les bouleversements provoqués par la Première Guerre mondiale fragilisent progressivement l’industrie rubanière. Comme de nombreuses manufactures stéphanoises, l’entreprise doit faire face à une concurrence grandissante et à l’évolution des marchés.

Malgré plusieurs décennies de résistance, l’aventure industrielle s’achève définitivement en 1981, avec la fermeture de l’usine.

Un héritage toujours visible

Si les métiers à tisser ont depuis longtemps cessé de fonctionner, le souvenir des Giron demeure bien présent dans la mémoire stéphanoise.

L’ancien site industriel est aujourd’hui devenu le parc Giron, un lieu fréquenté quotidiennement par les habitants, sans toujours connaître l’histoire de cette famille qui contribua à faire de Saint-Étienne l’une des capitales mondiales du ruban.

L’ascension des Giron illustre parfaitement la transformation de la ville au XIXe siècle : celle d’une cité où de nombreuses familles passèrent de l’agriculture à l’industrie, participant à la formidable révolution économique qui fit la renommée de Saint-Étienne bien au-delà des frontières françaises.


Repères chronologiques

  • 1693 : Mariage de Pierre Giron et Louise Chichivieu.
  • 1820 : Jean-Étienne Giron fonde sa première fabrique de rubans.
  • Milieu du XIXe siècle : Création de la société Giron Frères.
  • Construction de l’usine de Chantegrillet, qui deviendra la plus importante manufacture de rubans de France avec près de 500 métiers à tisser.
  • 1908 : Étienne-Marie et Jean-Jacques Giron prennent la direction de l’entreprise.
  • 1981 : Fermeture définitive de la manufacture Giron Frères.
Christian Chassagne
Christian Chassagne
Christian Chassagne explore la genèse, le contenu et la richesse historique avec son ouvrage inédit qui recense 1000 personnalités marquantes du département de la Loire.

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