Christian Chassagne nous présente les ligériens célèbres, extrait de son dictionnaire des personnalités marquante de la Loire.
Le 2 juillet 1796, Antoine-Marie Moine, plus connu sous le nom d’Antonin Moine, voit le jour à Saint-Étienne. Peintre et sculpteur de talent, il s’impose au XIXᵉ siècle comme l’une des figures marquantes du romantisme français, même si son destin sera profondément tragique.
Après avoir rejoint l’École des Beaux-Arts de Paris le 13 septembre 1817, Antonin Moine se forme auprès des plus grands maîtres de son époque. Il se distingue d’abord comme peintre de paysages et de scènes inspirées de la mythologie, avant d’acquérir une véritable reconnaissance lors du Salon de 1836, où son travail est salué par la critique.
Son talent de sculpteur lui ouvre ensuite les portes des grandes commandes publiques. Il réalise plusieurs bustes et participe à l’embellissement de la capitale en travaillant pour la Ville de Paris sur les sculptures de la fontaine des Mers et de la fontaine des Fleuves, situées place de la Concorde.

En 1843, il achève également un important chantier décoratif destiné à la salle des conférences du Palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale.
Malgré cette carrière prestigieuse, Antonin Moine demeure l’incarnation de l’artiste romantique, partagé entre la création, les tourments personnels et une profonde mélancolie. Incompris par une partie de ses contemporains et en proie au désespoir, il met fin à ses jours le 18 mars 1849, à l’âge de 52 ans.
Aujourd’hui encore, Antonin Moine reste l’une des grandes figures artistiques nées à Saint-Étienne, laissant derrière lui une œuvre qui témoigne du rayonnement de l’art romantique français au XIXᵉ siècle.
Sources :
- Notices biographiques stéphanoises, M. Descreux (1868).
- Biographie universelle ancienne et moderne, par une société de gens de lettres et de savants, tome XXVIII.

