Christian Chassagne nous présente les ligériens célèbres, extrait de son dictionnaire des personnalités marquante de la Loire.
Né le 2 juillet 1858 à Saint-Julien-en-Jarez, Eugène Xavier Louis Henry Hyvernat est l’une des grandes figures intellectuelles ligériennes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Prêtre, théologien, orientaliste, archéologue et égyptologue, il consacrera sa vie à l’étude des langues anciennes et à la préservation du patrimoine chrétien d’Orient.
Ses premiers apprentissages se déroulent auprès de sa grand-mère, qui lui enseigne la lecture et l’écriture. Il poursuit ensuite sa scolarité chez les Frères de la Doctrine chrétienne à La Grand-Croix, avant d’intégrer, en 1867, le petit séminaire Saint-Jean de Lyon.
Très tôt, il se distingue par ses aptitudes linguistiques. Il acquiert une solide formation en latin et en grec, tout en maîtrisant progressivement l’anglais. En 1876, des problèmes de santé l’obligent à interrompre ses études et à revenir dans sa famille, dans les monts du Jarez. Cette période de repos lui permet de développer une véritable passion pour la botanique et la géologie.
Après une année sabbatique, il envisage d’intégrer l’ordre des Dominicains, mais choisit finalement de devenir prêtre séculier. Il poursuit alors sa formation au séminaire d’Issy-les-Moulineaux entre 1877 et 1879, où il apprend notamment l’hébreu.
Ordonné prêtre le 3 juin 1882 à la cathédrale Saint-Jean de Lyon, Eugène Hyvernat part ensuite à Rome. Il y approfondit la théologie, le droit canonique ainsi que les langues sémitiques. Ses travaux lui valent le titre de docteur en théologie en 1885.

Spécialiste reconnu de l’assyriologie et de l’égyptologie, il est nommé professeur dans ces disciplines et entreprend, avec l’un de ses condisciples, une importante mission scientifique à travers le Caucase et le golfe Persique.
Sa carrière prend ensuite une dimension internationale lorsqu’il devient titulaire de la chaire d’archéologie biblique à l’Université catholique d’Amérique, à Washington. Il y développe d’importantes collections documentaires afin de faire de l’établissement un centre de référence pour les chercheurs spécialisés dans l’Orient chrétien.
Grâce à son réseau de mécènes, il enrichit considérablement les fonds documentaires de l’université, notamment par l’acquisition de la bibliothèque Stade en 1906, puis de la prestigieuse bibliothèque monastique copte d’Al-Hamouli, en Égypte, en 1910.
Affaibli par la maladie durant les dernières années de sa vie, Eugène Hyvernat est contraint de se déplacer en fauteuil roulant. Il s’éteint le 30 mai 1941 à Washington, laissant derrière lui une œuvre scientifique majeure qui fait encore référence dans le domaine de l’orientalisme et de l’archéologie biblique.
Source : Musée du Diocèse de Lyon.

