Lyon – 14 Aout 2026. Photo V.B.
Après des années à Perrache, la gare routière internationale de Lyon a officiellement quitté le centre d’échanges pour s’installer à Gerland. Un déménagement présenté comme nécessaire pour améliorer l’accueil des voyageurs et permettre la rénovation de Perrache. Mais au-delà de ce transfert, une question demeure : que fait la Métropole de Lyon face à l’état de certains espaces publics autour de ces infrastructures ?
Pendant des années, le centre d’échanges de Lyon-Perrache a accueilli les autocars longue distance et internationaux. Avec l’augmentation du trafic, le site était devenu particulièrement contraint. La Métropole évoquait notamment un espace devenu peu adapté à l’accueil des quelque 2,5 millions de voyageurs annuels concernés par ces lignes.
Depuis le 12 janvier 2026, la gare routière internationale a donc pris ses quartiers à Gerland, au 52 avenue Tony-Garnier, sur une partie du parking du Palais des Sports. Le nouvel équipement compte 17 quais d’exploitation et quatre quais de régulation, ainsi qu’un bâtiment voyageurs comprenant salles d’attente, sanitaires, guichets et espaces pour les conducteurs.
Perrache : tourner la page d’un site devenu difficilement acceptable
Le départ des autocars internationaux doit permettre à la Métropole de poursuivre le vaste projet « Ouvrons Perrache ». La gare routière internationale libère ainsi de l’espace pour la rénovation de la gare de bus TCL, qui doit progressivement être modernisée et réorganisée.
Mais ce changement de destination ne fait pas disparaître les problèmes qui ont marqué l’image de Perrache pendant des années : sentiment d’abandon, espaces dégradés, difficultés d’entretien et conditions d’accueil parfois très éloignées de ce que l’on pourrait attendre d’une porte d’entrée internationale d’une métropole comme Lyon.
La question de la propreté et de l’insalubrité de l’espace public reste donc centrale. Une gare internationale n’est pas seulement un lieu où l’on monte dans un car : c’est aussi la première image que de nombreux visiteurs peuvent avoir de Lyon.
Gerland : un nouvel équipement, mais une installation provisoire
La Métropole affirme avoir voulu proposer à Gerland un site « plus aéré » et plus fonctionnel. L’installation est toutefois provisoire, pour une durée annoncée de cinq à sept ans. À terme, la gare routière internationale doit être implantée à proximité du métro Parilly, à Vénissieux.
La collectivité a consacré 3,9 millions d’euros à cette opération. La société Kisio assure la gestion de la gare tandis que la SPLM est chargée de la maintenance du site.

Une question reste posée à la Métropole
Le déménagement répond donc à une logique d’aménagement et de rénovation. Mais pour les usagers, une interrogation demeure : au-delà des bâtiments et des quais, quelle politique la Métropole de Lyon entend-elle mettre en œuvre pour garantir durablement la propreté, la sécurité et la qualité des espaces publics autour des gares et des pôles de transport ?
Car rénover un bâtiment ne suffit pas si son environnement immédiat donne une impression de négligence.
Avec des millions de voyageurs chaque année, Perrache hier, Gerland aujourd’hui et demain Parilly, ces infrastructures constituent de véritables vitrines de la métropole. Leur entretien, leur accessibilité et leur environnement méritent donc la même attention que les grands travaux qui leur sont consacrés.
La Métropole de Lyon a engagé une transformation importante de ses pôles de transport. Reste maintenant à savoir si cette transformation sera également visible dans la qualité de l’espace public et dans le quotidien des voyageurs.


