L’annonce de la démolition du parking des Ursules, à Saint-Étienne, au profit d’un projet de parc urbain relance un dossier qui dépasse largement la seule question de l’aménagement de cet espace du centre-ville.
Si les difficultés rencontrées par les commerçants et les interrogations autour du stationnement occupent aujourd’hui une place importante dans le débat, l’histoire du site est plus ancienne et les projets successifs ont connu de nombreux rebondissements.
Un projet déjà arrêté en 2013
Selon les éléments avancés par d’anciens responsables municipaux, un projet précis avait été arrêté à la fin de l’année 2013. Celui-ci prévoyait notamment de maintenir près de 500 places de stationnement en sous-sol, tout en intégrant des bureaux et des commerces.
Le projet devait également bénéficier d’un accompagnement de l’EPASE, l’établissement public chargé notamment de participer à la transformation et à la requalification de plusieurs secteurs de Saint-Étienne.
Cette orientation devait permettre de répondre simultanément à plusieurs enjeux : maintenir une capacité de stationnement importante, préserver une activité commerciale en centre-ville et poursuivre la requalification urbaine du secteur des Ursules.
Le changement de majorité en 2014
Le changement de municipalité, en 2014, a toutefois marqué un tournant dans ce dossier.
Des responsables de l’ancienne équipe municipale affirment que le projet élaboré à la fin de 2013 aurait été bloqué dès juin 2014 par la nouvelle majorité conduite par Gaël Perdriau.
Selon eux, aucune solution équivalente n’aurait ensuite été concrètement mise en œuvre pendant les années qui ont suivi.
Cette lecture du dossier est contestée selon les sensibilités politiques et mérite d’être replacée dans l’ensemble des projets successivement envisagés pour le centre-ville.
Le stationnement au cœur des inquiétudes
Douze ans plus tard, la perspective de supprimer le parking pour créer un parc urbain ravive donc une question récurrente : comment réaménager le centre-ville sans fragiliser son accessibilité ?
Pour les commerçants, la disparition de places de stationnement à proximité immédiate des commerces constitue une source d’inquiétude. Ils redoutent notamment que les difficultés d’accès au centre-ville ne contribuent à détourner une partie de la clientèle vers les zones commerciales périphériques.
C’est précisément sur ce point que les critiques adressées aux choix municipaux successifs prennent une dimension économique. Selon leurs auteurs, l’absence d’une solution durable de stationnement au centre-ville aurait contribué à renforcer l’attractivité des grandes surfaces situées en périphérie.
Un dossier qui ne se résume pas à une démolition
La création d’un parc urbain peut répondre à des objectifs de végétalisation, de qualité de vie et de transformation de l’espace public. Mais le débat sur les Ursules ne peut être réduit à l’opposition entre un parking et un espace vert.
Il pose également la question de l’équilibre entre stationnement, commerces, bureaux, logements, transports et qualité des espaces publics.
L’histoire du site montre surtout que plusieurs municipalités ont été confrontées à la difficulté de trouver une solution permettant de concilier ces différents enjeux.
Aujourd’hui, avec la perspective d’une démolition du parking et d’un nouveau parc urbain, le débat est donc relancé. Pour les commerçants comme pour les défenseurs du stationnement en centre-ville, une question demeure centrale : quelles solutions seront proposées pour maintenir l’accessibilité du cœur de Saint-Étienne ?
Le projet actuel devra ainsi être apprécié non seulement à travers sa dimension urbaine et environnementale, mais aussi au regard de ses conséquences sur le commerce, la circulation et le stationnement. Une comparaison précise avec les projets envisagés depuis 2013 permettrait également de mieux comprendre pourquoi le dossier des Ursules reste, plus d’une décennie après, un sujet aussi sensible.


