Dans sa série consacrée aux personnalités qui ont marqué l’histoire de la Loire, Christian Chassagne met en lumière des figures parfois méconnues du patrimoine stéphanois. Parmi elles, Sébastien Merley-Tivet, artisan spécialisé dans la fabrication de canons d’armes, s’est distingué par sa maîtrise du travail de l’acier et son savoir-faire reconnu jusqu’à l’étranger.
Né le 8 octobre 1800 à Saint-Étienne, Sébastien Merley-Tivet excelle notamment dans la fabrication des canons doubles à rubans d’acier et dans l’art délicat du forgeage des canons damassés, une technique réputée pour sa complexité.
Un savoir-faire remarqué jusqu’aux plus hautes autorités
En 1834, le duc d’Orléans, accompagné du maréchal Soult, se rend dans l’atelier de Merley. À cette occasion, l’artisan réalise devant ses prestigieux visiteurs une démonstration de forgeage d’un canon damassé, témoignant de sa maîtrise technique.
Son talent attire également l’attention à l’étranger. Recommandé à un capitaine russe, le prince Théodore de Liéven, il reçoit de ce dernier une commande de plusieurs canons damassés. À la réception des armes, le 9 décembre 1838, le prince adresse ses vifs remerciements à l’artisan stéphanois.
La réputation de Sébastien Merley-Tivet dépasse alors les frontières françaises et se diffuse notamment en Russie et en Allemagne.
Une carrière au service de la manufacture d’armes
En mars 1833, Sébastien Merley-Tivet est admis à la manufacture d’armes en qualité de réviseur. Il y exerce ensuite les fonctions de contrôleur de deuxième classe, poste qu’il occupe jusqu’au 1er mai 1855.
Le 9 juillet 1856, la chambre de commerce le nomme éprouveur des armes bourgeoises, une fonction qui témoigne de la reconnaissance de ses compétences dans le domaine de l’armurerie.
Sébastien Merley-Tivet s’éteint le 1er avril 1860, laissant le souvenir d’un artisan dont le savoir-faire a contribué au rayonnement de la tradition armurière stéphanoise.
Source : Notices biographiques stéphanoises, par M. Descreux, 1868.



