Communiqué.
Les entreprises de proximité ne peuvent plus être la variable d’ajustement des conflits sociaux et des violences urbaines.
Depuis plusieurs années, nos centres-villes et centres-bourgs subissent crise après crise les conséquences de mouvements sociaux, de blocages répétés et de violences urbaines. Passés les constats polis, l’heure est à l’alerte solennelle et à la fermeté.
L’activité et l’attractivité de nos centres-villes et de nos centres-bourgs sont aujourd’hui en péril.
L’expression démocratique et le droit de manifester sont des libertés fondamentales, tout comme le droit à la sécurité et à la liberté de travailler.
Même lorsqu’un défilé se revendique pacifique, la réalité économique est implacable : périmètres bouclés, transports à l’arrêt, accès interdits, couvre-feu, climat d’anxiété générale… Pour nos commerces situés sur, ou à proximité des parcours, chaque journée de mobilisation est une journée synonyme d’activité nulle et de chiffre d’affaires anéanti. Pour un restaurateur à Lyon, en dehors du parcours des manifestations et des violences, c’est 40% du chiffre d’affaires en moins pour un samedi.
À cette paralysie systématique s’ajoutent les exactions : violences urbaines, vitrines brisées, incendies et pillages. Nos artisans et commerçants pris pour cibles sont les poumons vivants de nos quartiers, ceux qui lèvent leur rideau à l’aube pour servir leurs concitoyens. Les voir réduits au rang de victimes d’une casse méthodique et impunie est intolérable.
Il est urgent que chacun prenne la pleine mesure de ce désastre économique et humain, car personne ne sortira indemne de cet affaiblissement programmé.
Après avoir puisé dans leurs dernières réserves pour surmonter les crises antérieures et rembourser leurs dettes, les trésoreries sont à sec. Beaucoup d’indépendants, épuisés moralement et financièrement, sont aujourd’hui au bord du renoncement définitif. Nos commerçants, artisans et professionnels libéraux ne demandent ni privilège ni traitement particulier. Ils demandent simplement de pouvoir exercer leur activité dans des conditions normales. Ils ne disposent ni de la puissance financière des grands groupes, ni des protections du secteur public.
Le chômage partiel forcé, les pertes de primes, le gel des embauches et, à terme, les défaillances d’entreprises touchent en premier lieu nos salariés, ceux-là même que les différents mouvements entendent défendre.
La désertification commerciale engendre l’insécurité, la baisse de la valeur patrimoniale et la disparition des services essentiels au quotidien. Un centre-ville vidé de ses commerces et services devient un désert d’où s’évapore tout lien social.
La destruction de l’économie de proximité c’est, en région, chaque samedi, des millions de recettes en moins pour les collectivités et l’Etat.
Ne laissons pas sacrifier nos entreprises artisanales, commerciales, libérales de proximité dans l’indifférence générale. Il est encore temps d’agir avant que nos centres-villes et centres-bourgs ne s’éteignent définitivement.
Marie-Françoise Gondard-Argenti, Présidente de l’U2P Auvergne-Rhône-Alpes


