C’est une annonce qui ne laisse personne indifférent. Institution du centre-ville de Saint-Étienne depuis un demi-siècle, le restaurant Le Glasgow pourrait prochainement céder sa place à un McDonald’s. Une perspective qui suscite déjà de vives réactions parmi les Stéphanois.
Ouvert le 12 mai 1976, jour de la mythique finale de la Coupe d’Europe de l’AS Saint-Étienne à Glasgow, l’établissement est devenu au fil des décennies un véritable lieu de rendez-vous. Son nom, directement inspiré de cet épisode marquant de l’histoire des Verts, fait aujourd’hui partie du patrimoine affectif de nombreux habitants.
Face aux difficultés économiques que connaît la restauration traditionnelle, le propriétaire a confirmé avoir signé un accord avec la célèbre chaîne américaine de restauration rapide. Le projet prévoit l’installation d’un restaurant McDonald’s à l’emplacement actuel du Glasgow, en plein cœur de la ville.
Mais cette transformation est loin de faire l’unanimité. Le maire de Saint-Étienne, Régis Juanico, a exprimé son opposition à cette implantation. Pour l’édile, remplacer un établissement aussi emblématique par une enseigne internationale constituerait une perte pour l’identité commerciale et patrimoniale du centre-ville.
Le dossier intervient dans un contexte particulier. Après la fermeture des restaurants McDonald’s de Centre Deux et de Châteaucreux, l’enseigne cherche depuis plusieurs mois un nouvel emplacement stratégique en centre-ville. Le site du Glasgow apparaît comme une opportunité idéale, tant par sa visibilité que par sa fréquentation.
Au-delà de l’aspect économique, c’est une page de l’histoire stéphanoise qui pourrait se tourner. Depuis près de cinquante ans, le Glasgow accompagne la vie du centre-ville, accueillant générations d’habitués, supporters des Verts, touristes et salariés. Pour beaucoup, il représente bien plus qu’un simple restaurant : un lieu de mémoire.
Si le projet venait à se concrétiser, il marquerait un nouveau chapitre dans l’évolution commerciale du cœur de Saint-Étienne, entre adaptation aux nouvelles habitudes de consommation et préservation du patrimoine local.
Le devenir du Glasgow reste toutefois suspendu aux décisions qui seront prises dans les prochains mois. Une chose est certaine : le débat est désormais ouvert entre développement économique et défense de l’identité stéphanoise.

