Au stade Geoffroy-Guichard, deux passionnés, Laurent Hess et Benjamin Danet tous les deux journalistes racontent leur attachement à l’ASSE et ce qui, selon eux, rend le lien entre le club et Saint-Étienne si particulier. Ils reviennent sur l’héritage populaire de l’équipe de 1976, la proximité autrefois possible avec les joueurs et l’évolution du journalisme sportif, avant de présenter leurs médias consacrés aux Verts « Tribune verte ». La conversation se tourne ensuite vers la situation du club en Ligue 2, les choix de recrutement et les joueurs capables de porter une remontée, avec un aperçu du match contre Nantes.
Des parcours différents, une passion commune pour les Verts
Benjamin Danet, Parisien d’origine, explique être tombé dans la passion stéphanoise à six ans, en suivant l’épopée de 1976. Il était sur les Champs-Élysées le 13 mai pour célébrer les héros de Glasgow, puis a participé avec les Fighters à la création des Magic Fans. Il estime avoir assisté à environ 450 ou 500 matchs à Geoffroy-Guichard en cinquante ans, un stade qu’il décrit comme un temple, voire une église.
Laurent Hess, lui a grandi à La Talaudière et raconte que son attachement à l’ASSE est viscéral : même une expérience à Tahiti, dans un cadre paradisiaque, n’a pas duré parce que les Verts lui manquaient. Son père, grand supporter du club, a aussi contribué à cette passion familiale. Les deux hommes voient dans l’histoire de 1976 un événement qui a marqué durablement toute une ville et un peuple, au-delà des seuls résultats sportifs.
Une équipe populaire et une proximité aujourd’hui disparue
Les invités au micro de Radio GAGA 42 relient l’identité stéphanoise au passé minier et ouvrier de la région, ainsi qu’aux valeurs d’entraide et d’humilité. À leurs yeux, l’équipe de 1976 ressemblait aux gens qui la soutenaient : des joueurs venus d’horizons différents, auxquels les supporters pouvaient s’identifier. Ils comparent cette capacité à représenter une population à celle de l’équipe de France de 1998, autour de joueurs comme Zidane et Karembeu, tout en rappelant que l’ASSE avait perdu sa finale à Glasgow.
Ils regrettent aussi une époque où les joueurs étaient beaucoup plus accessibles. Les entraînements pouvaient être suivis de près, les supporters croisaient les joueurs autour du stade, et les journalistes pouvaient les interviewer simplement, parfois même dans leur voiture. Les jours de match, on pouvait suivre l’attaque en changeant de côté, puis boire un verre à proximité ou au stade : une convivialité spontanée qui leur semble désormais inimaginable.
Tribune Verte et La Voix des Verts : informer au plus près du club
Laurent Hess et Benjamin Danet présentent Tribune Verte, un mensuel consacré à l’actualité de l’ASSE, lancé environ seize mois auparavant. Disponible dans les kiosques partout en France et sur une plateforme d’abonnement, le magazine entend s’adresser aux supporters au-delà de la seule région stéphanoise. Son contenu porte sur l’actualité du club et s’appuie notamment sur les informations de terrain de l’un des journalistes, avec une attention revendiquée à la déontologie et à la citation des sources.
Le projet est aussi pensé comme un média représentatif du « peuple vert », et non comme un concurrent cherchant à exclure les autres acteurs. Les invités annoncent qu’ils souhaitent réunir La Voix des Verts et Tribune Verte sous une identité commune, avec Tribune Verte comme nom principal, en visant une évolution d’ici la fin de l’année. Ils évoquent également le développement des réseaux sociaux pour adapter leur travail aux usages actuels.
Entraînements fermés, presse aseptisée et limites de la critique
Les supporters attendent des médias qu’ils les rapprochent de l’actualité du club, mais les journalistes décrivent des relations devenues moins directes avec l’ASSE. Laurent Hess regrette notamment que les entraînements soient moins accessibles : depuis le 1er juin, seulement quatre séances ont été ouvertes au public. Il souligne que cette fermeture prive certains supporters d’un rendez-vous important, citant Daniel, qui vient de Lyon et considère les entraînements comme un plaisir régulier.
Les conférences de presse leur paraissent également plus formatées qu’autrefois. Toujours Laurent Hess, explique qu’une critique sportive — par exemple juger un gardien peu rassurant en début de saison — peut lui valoir des reproches, même s’il insiste sur la distinction entre l’analyse du jeu et la vie privée des joueurs. Pour lui, commenter les performances sur le terrain fait partie du métier, tandis que ce que les joueurs font en dehors du football ne regarde pas les journalistes.
Une Ligue 2 frustrante et des doutes sur la gestion du club
La présence de Saint-Étienne en Ligue 2 est décrite comme une anomalie et même comme un scandale par l’un des invités. Benjamin Danet rappelle n’avoir connu que peu trophées — seulement une Coupe de la Ligue — et doute de voir un jour l’ASSE disputer la Ligue des champions. Les intervenants rappellent que la Coupe de la Ligue a été célébrée comme un immense titre, mais soulignent surtout que le club n’est pas remonté malgré un budget important et des dirigeants disposant de moyens financiers. Ils reconnaissent toutefois que le recrutement de la saison en cours leur semble plus cohérent : les joueurs sont arrivés plus tôt et ont pu préparer la saison avec l’entraîneur, même si des interrogations subsistent sur le gardien, le poste de latéral gauche et le remplacement de Stassin.
La discussion s’élargit à la gestion sportive sur plusieurs années. Laurent Hess et Benjamin Danet critiquent des choix de recrutement et de transferts, et rappellent que l’ASSE a parfois laissé partir des talents de son centre de formation, comme Wesley Fofana et William Saliba, dans un contexte financier contraint. Ils citent aussi les départs de joueurs comme Bafétimbi Gomis et Grégory Coupet pour illustrer leur impression que le club n’a pas toujours su tirer le meilleur parti de ses ressources et de ses jeunes joueurs.
Des révélations dans l’effectif et l’espoir d’une remontée
Kevin Pedro est présenté comme une révélation, avec le regret qu’il ait fallu attendre avant de le voir davantage utilisé. Les invités discutent aussi des profils et des niveaux des joueurs, estimant que certains peuvent convenir à la Ligue 2 sans forcément s’imposer en Ligue 1. Ils saluent notamment la rigueur, le sérieux et l’engagement de certains éléments, et désignent Boakye comme une autre révélation : selon eux, son volume de jeu et sa capacité à frapper de loin sont mieux exploités lorsqu’il évolue un peu plus en retrait. Ils évoquent également la combativité de l’équipe actuelle et le rôle possible de joueurs comme Csongvai, Breum et Pedro.
Pour Laurent Hess et Benjamin Danet, Saint-Étienne a les moyens de monter, mais une accession en Ligue 1 poserait immédiatement la question du renouvellement de l’effectif. Ils rappellent les lourdes défaites de la saison précédente et estiment que, si l’ASSE rejoint l’élite, il faudra renforcer considérablement l’équipe. Un actionnaire puissant et les difficultés d’autres clubs leur donnent néanmoins des raisons d’espérer.
Laurent Hess et Benjamin Danet précisent que Tribune Verte est disponible en kiosque dans toute la France, notamment par abonnement, et que La Voix des Verts propose analyses, interviews, comptes rendus de conférences de presse et vidéos tournées au stade. Ils terminent en évoquant le match contre Nantes : malgré les bons joueurs nantais, ils jugent que le principal danger pour Saint-Étienne sera son propre sérieux, et que les deux clubs n’ont pas leur place en Ligue 2, où ils se trouvent selon eux à cause d’une mauvaise gestion.
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